Prêt-à-porter, P-E 13

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Par Louis Bompard     Au sortir de leur premier défilé londonien depuis 5ans, les esprits étaient partagés entre deux doctrines à propos de Preen by Thornton Bregazzi.   1/ Ils ont bien fait de quitter New York. 2/ Ont-ils vraiment quitter la Big Apple ? Car, en effet, on retrouve dans leur présentation pour le printemps-été prochain la continuité de ce que les podiums new-yorkais ont laissé filtrer, avec comme principaux codes la rigidité et le patchwork. Il était donc peut-être malin, pour ne pas sombrer dans la masse, de montrer cette collection à Londres, généralement enclin à suivre les diktats des catwalks américains.   Très vite, on comprend la volonté première du duo de Preen: apporter de la structure là où on ne l’attend pas forcément. Pour cela,…

Par Louis Bompard

 

 

Au sortir de leur premier défilé londonien depuis 5ans, les esprits étaient partagés entre deux doctrines à propos de Preen by Thornton Bregazzi.

 

1/ Ils ont bien fait de quitter New York.

2/ Ont-ils vraiment quitter la Big Apple ?

Car, en effet, on retrouve dans leur présentation pour le printemps-été prochain la continuité de ce que les podiums new-yorkais ont laissé filtrer, avec comme principaux codes la rigidité et le patchwork. Il était donc peut-être malin, pour ne pas sombrer dans la masse, de montrer cette collection à Londres, généralement enclin à suivre les diktats des catwalks américains.

 

Très vite, on comprend la volonté première du duo de Preen: apporter de la structure là où on ne l’attend pas forcément. Pour cela, Justin Thornton et Thea Bregazzi sont passés par plusieurs chemins. Les premiers passages jouent sur le carré des écailles reptiliennes pour créer, sur un imprimé, un nouveau quadrillage, plus exotique et vivant. Puis c’est dans des jeux de lignes que les silhouettes trouvent leur équilibre. Un patch imprimé python s’imbrique en diagonale, quand son semblable, décliné dans une autre teinte, prend la verticale (un effet prolongé par les murs du Musée Darwin en toile de fond). Tout est droit, précis, maîtrisé. Et même la mousseline semble être domptée par ces tranches chirurgicales. La dernière des voies empruntées par Preen pour toucher cette idée de structure est le contraste des matières. Tantôt des plastrons, revers de manches, col et pattes de boutonnage opaques viennent se poser sur des chemisiers transparents, tantôt des bandes de python ou de cuir à la brillance “galuchat” s’enclavent sur des manches ou le revers d’une jupe fendue sur le devant pour apporter une certaine rigidité à l’allure.

 

On peut dire que cette quête, plutôt risquée après des saisons d’hégémonie des silhouettes sublimement “cartonnées” de Jil Sander et Céline, est arrivée à son but. Car, sans ultra-fitter les looks et en utilisant des tissus à la réelle légèreté, Justin Thornton et Thea Bregazzi ont réussi à livrer une vraie collection d’été à la tenue et structure impeccables.

 

Une alchimie rare, qui donne envie d’avancer le temps, pour y être vite, à cet été.

 

 

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