Prêt-à-porter, P-E 13

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  Par Louis Bompard   C’est une démonstration de force et d’honnêteté qu’a livré Marc Jacobs hier lors du show Louis Vuitton. De force car, à l’image de ce que Burberry réalise à Londres, les défilés Vuitton sont une machine à la précision horlogère (pas seulement parce qu’il commence quoi qu’il arrive à l’heure) et à l’efficacité d’un tueur à gages. Et celui livré hier à la Cour Carrée du Louvre, qui dura en tout et pour tout 6 minutes, en est un des plus clairs exemples.   Comme d’habitude, le décor du défilé était aussi impressionnant qu’il est en adéquation avec le thème de la collection. L’artiste Daniel Buren a imaginé pour la maison malletière une installation gargantuesque où 4 escalators parallèles amenaient à un large podium couvert du…

 

Par Louis Bompard

 

C’est une démonstration de force et d’honnêteté qu’a livré Marc Jacobs hier lors du show Louis Vuitton.

De force car, à l’image de ce que Burberry réalise à Londres, les défilés Vuitton sont une machine à la précision horlogère (pas seulement parce qu’il commence quoi qu’il arrive à l’heure) et à l’efficacité d’un tueur à gages. Et celui livré hier à la Cour Carrée du Louvre, qui dura en tout et pour tout 6 minutes, en est un des plus clairs exemples.

 

Comme d’habitude, le décor du défilé était aussi impressionnant qu’il est en adéquation avec le thème de la collection. L’artiste Daniel Buren a imaginé pour la maison malletière une installation gargantuesque où 4 escalators parallèles amenaient à un large podium couvert du damier historique de la maison, ici teinté de jaune et blanc. Et comme (chez Louis Vuitton) les choses sont bien faites, Marc Jacobs confiera que sa collection est inspirée par la plus célèbre des œuvres de Buren, Les Deux plateaux du Palais Royal. Le catwalk, lui, faisait écho au choix du designer américain de ne pas utiliser l’iconique Monogram dans cette livraison, mais de la structurer autour de l’autre signature de la maison, le damier.

 

En effet, cet assemblage de carrés est le fil rouge de cette collection où les mannequins défilaient deux par deux, leurs bras en sœurs siamoises. On le retrouve tout au long du défilé, décliné dans différentes échelles, couleurs et textures. S’il apparaît dans un jeu d’ajouré et de dévoré, il scintille également avec fluidité dans les plus microscopiques paillettes jamais produites. Même les fleurs brodées en tuffetage, unique autre motif du show, se parent de minuscules carreaux.

La ligne, elle, est en résonance avec les deux inspirations du défilé. Inspirés des Mods, cette mouvance forte des années 60, les silhouettes jouent sur une simplicité géométrique parfaite. Tout est droit, coupé, net. Même le sac Speedy devient ici un cube. Seules les manches montées et les encolures ras de cou apportent un peu de rondeur à l’allure. De l’œuvre parisienne de Buren, Marc Jacobs a tiré les 3 longueurs de ses jupes, qui seront soit mini, midi (sous le genou) ou maxi. D’un point de vue mode, tout est dit.

 

Mais dans ce défilé, il fallait voir un peu plus qu’une collection. Si nous parlions d’honnêteté, c’est qu’avec une telle mise en scène, la maison Vuitton reconnaît ce qu’elle est: une machine, habile et de bon goût, à créer ce sur quoi tout le monde se jettera en boutique. Non pas pour être la plus pointue, novatrice ou audacieuse de sa coterie. Mais simplement parce que, ici dotées d’un pouvoir euphorisant, ces pièces donnent envie. Aujourd’hui, et demain.

 

Après cette éclaire excursion chez Louis Vuitton, la bilan peut être établi: nous sommes venus, nous avons vu, nous sommes convaincus. La bataille est gagnée, Captain Marc.

 

 

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