Prêt-à-porter, P-E 13

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Par Louis Bompard   Après le coup de force assené par la maison Burberry au monde de la mode lundi dernier à Londres, Gucci, se devait, elle aussi, d’imposer sa patte sur la semaine des défilés milanais qu’elle ouvrait hier. Pour cela, Frida Giannini a construit sa collection à l’inverse de ce que veux la coutume. L’impression est, en effet donnée que la créatrice italienne a voulu trouver sa “femme” avant de dessiner les vêtements qui l’habilleront. Et le nom de cette livraison printemps-été 2013 annonçait la couleur : la femme Gucci de la saison prochaine est “naturelle aristocratique”. En effet, la muse de la collection de Frida Giannini va à l’essentiel car elle peut se le permettre. Sûre d’elle du fait de son statut, elle n’a pas besoin d’artifices,…

Par Louis Bompard

 

Après le coup de force assené par la maison Burberry au monde de la mode lundi dernier à Londres, Gucci, se devait, elle aussi, d’imposer sa patte sur la semaine des défilés milanais qu’elle ouvrait hier. Pour cela, Frida Giannini a construit sa collection à l’inverse de ce que veux la coutume. L’impression est, en effet donnée que la créatrice italienne a voulu trouver sa “femme” avant de dessiner les vêtements qui l’habilleront. Et le nom de cette livraison printemps-été 2013 annonçait la couleur : la femme Gucci de la saison prochaine est “naturelle aristocratique”. En effet, la muse de la collection de Frida Giannini va à l’essentiel car elle peut se le permettre. Sûre d’elle du fait de son statut, elle n’a pas besoin d’artifices, préférant le chic infaillible de formes minimalistes à l’allure 60s. Dans une gamme allant, tour à tour, du fuschia intense au bleu roi, puis au lagon, vert gazon et jaune oxydé, elle joue d’effet de tuniques, de vêtements chasubles, des cols aux cols grimpants, portés, la plupart du temps sur des pantalons fluides ton sur ton. Elle remet également au goût du jour tous les codes du vestiaires bourgeois, comme les manches cloches, des colliers ras de cou en trompe-l’œil et autres vestes de tailleur ceinturées. La véritable performance de Frida Giannini tient au fait que cette ligne, qu’elle appelle “artisto-graphique”, est d’une légèreté aérienne alors, qu’au final, elle ne s’éloigne jamais trop loin du corps. Un rêve de femme.

 

Mais, en plus d’être sûre de ce qui lui va, la femme Gucci de l’été 2013 veut marquer les esprits, et pour cela, elle ose. Elle ose notamment l’élément qui apporte la tenue et l’allure à la silhouette: des volants de gazar superposés et démesurés qui viennent, ça et là, finir une manche, réhausser une ligne de col ou suivre des coutures raglan comme pour singer un boléro.

Quand vient le soir, cette aristocrate des années 2010 s’encanaille en python, provoque dans des jeux de résilles XXL ou illumine par le simplicité démoniaque d’une robe antique.

 

Par cette collection, Gucci et Frida Giannini n’ont pas voulu se risquer au parti pris d’une tendance forte, comme ce fut trop le cas en Italie la saison dernière. Ils ont plutôt préféré revenir à l’essentiel. Et celui d’une maison de mode n’est-il pas de dessiner de beaux vêtements ?

 

Par Louis Bompard

 

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