Prêt-à-porter, P-E 13

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Par Louis Bompard     Depuis qu’il fait de la mode, Dries Van Noten traîne derrière lui une question que se posent tous les décortiqueurs de shows : « Comment va-t-il pouvoir se réinventer ? ». La réponse, en guise de constat, paraît trop évidente pour être rétorquée: Dries Van Noten est un créateur au talent pur immense. Car malgré une silhouette, une allure et une signature définies depuis longtemps dans ces moindres détails, le créateur anversois parvient à faire qu’aucun de ses défilés ne ressemble au précédent. Preuve aujourd’hui en est faite dans ce parking de la rue de Vaugirard, dans lequel défilent normalement ses collections pour hommes. Bien entendu, la ligne directrice du créateur est une nouvelle fois bien présente et fait la part belle à sa signature fétiche : les mélanges d’imprimés….

Par Louis Bompard

 

 

Depuis qu’il fait de la mode, Dries Van Noten traîne derrière lui une question que se posent tous les décortiqueurs de shows : « Comment va-t-il pouvoir se réinventer ? ». La réponse, en guise de constat, paraît trop évidente pour être rétorquée: Dries Van Noten est un créateur au talent pur immense. Car malgré une silhouette, une allure et une signature définies depuis longtemps dans ces moindres détails, le créateur anversois parvient à faire qu’aucun de ses défilés ne ressemble au précédent. Preuve aujourd’hui en est faite dans ce parking de la rue de Vaugirard, dans lequel défilent normalement ses collections pour hommes.

Bien entendu, la ligne directrice du créateur est une nouvelle fois bien présente et fait la part belle à sa signature fétiche : les mélanges d’imprimés. Les journaux de mode appellent désormais cet effet le « mix’n’match », mais le sien est d’une telle finesse et d’une telle précision que l’on aurait du mal à lui accoler un nom commun avec d’autres.

Mais alors que la saison qui se profile est au contraste, la plupart des créateurs opposent dans leur collection estivale les imprimés, les couleurs, l’opaque et le transparent, les longueurs ou les textures. Dries lui va plus loin, en commençant par apporter de la profondeur à ses silhouettes dans un jeu qui mêle la transparence de la mousseline à la brillance des lurex et des incrustations de pierres. En effet, sur chacune d’entre elles, on retrouve un élément reflétant les flashs, qu’il s’agisse de fleurs brodées en 3 dimensions au cœur strassé ou de tartan (le fil rouge du défilé !) métallisé ou satiné. Ces derniers se font encore plus remarqués qu’ils sont juxtaposés à des jupes ou chemisiers à carreaux laissant deviner la peau.

 

C’est d’ailleurs, dans ces jeux de transparence que Dries Van Noten réussit, à notre sens, son coup de maître. Il parvient à réinventer la légèreté en l’éloignant de ce que nous avons l’habitude de voir. Chez lui, ce sont les imprimés dits « lourds » de tartan, travaillés dans des teintes automnales de bordeaux et marine, qui viennent se floquer sur des mousselines d’été. Les robes longues au col fermé s’envolent, quant à elles, pour laisser apparaître une nouvelle tenue en dessous quand des vestes aux épaules surdimensionnées sont en réalité faites de rangées de volants. Les jupes à la longueur mi-mollet prennent même des essences de voiles de plage simplement enroulés autour des hanches.

La donne s’inverse donc. Tout ce qui, dans l’imaginaire commun, pourrait sembler à l’opposé d’une idée de fraîcheur trouve ici une légèreté étonnante. D’ailleurs, nous en sommes dans un parking, et l’on sent monter une immense bouffée d’air frais…

 

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