Prêt-à-porter, P-E 13

Dior

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Par Louis Bompard   C’était, bien entendu, un des deux défilés les plus attendus de cette semaine. Alors qu’Hedi Slimane présentera sa première collection Saint Laurent lundi soir, c’est hier vendredi que Raf Simons devait présenter la sienne pour Christian Dior. Ce n’était, pour lui, pas un galop d’essai, puisque le créateur belge avait déjà apposé son nom à une collection Christian Dior, celle de la couture en juillet dernier. À peine arrivés dans l’immense cube éphémère posté devant les Invalides, force est de constater que Raf Simons veut imposer sa patte dans la maison parisienne. Un air de Schubert (le compositeur favori de son idole David Bowie) et plusieurs salles blanches décorées de pans de tulle de couleurs tranchent avec l’excentricité et le décalage que recherchait John Galliano dans…

Par Louis Bompard

 

C’était, bien entendu, un des deux défilés les plus attendus de cette semaine. Alors qu’Hedi Slimane présentera sa première collection Saint Laurent lundi soir, c’est hier vendredi que Raf Simons devait présenter la sienne pour Christian Dior. Ce n’était, pour lui, pas un galop d’essai, puisque le créateur belge avait déjà apposé son nom à une collection Christian Dior, celle de la couture en juillet dernier.

À peine arrivés dans l’immense cube éphémère posté devant les Invalides, force est de constater que Raf Simons veut imposer sa patte dans la maison parisienne. Un air de Schubert (le compositeur favori de son idole David Bowie) et plusieurs salles blanches décorées de pans de tulle de couleurs tranchent avec l’excentricité et le décalage que recherchait John Galliano dans chacune de ses mises en scène. Décor planté.

 

Bien évidemment, il allait de soi, que comme le veut la coutume, le directeur artistique entrant rende hommage au fondateur de la maison. C’est ainsi que Raf Simons souligne que Monsieur Dior « a pris à la bras le corps la féminité, la complexité et l’émotion dans un véritable élan de liberté en rupture avec le passé ». Le mot est lâché, liberté. Nous tenons ici le fil conducteur de la collection. Et les 53 passages de ce défilé prouvent une nouvelle fois la finesse d’analyse de Raf Simons lorsqu’il s’agit de s’appliquer un thème ou une philosophie à un vestiaire de femmes.

 

La liberté, pour lui, peut se traduire par celle, initiée par Yves Saint Laurent, d’arborer fièrement une veste de smoking. Simons la décline, autour de la célèbre ligne Bar de la maison, dans des versions jour, nuit et grand soir, portées avec une jupe, un short ou même seule. La liberté, c’est aussi pouvoir s’enrouler dans des mètres d’organza métallique pour former une minrobe une épaule à l’habile note homemade. Elle peut également se trouver dans la légèreté amenée par la superposition d’une robe et d’une autre en tulle par dessus. Ou bien alors dans l’asymétrie de robes qui se moquent de rentrer dans une ligne parfaite.

C’est finalement au tour de Raf Simons lui-même d’exploiter cette idée de liberté, en proposant (après l’avoir fait lors du défilé couture) des robes devenues sa signature dans la maison Dior: un sévère top en jersey de soie et cachemire noir que vient rendre érotique sa transparence et le jupon en soie irisé avec lequel il flirte.

 

Impossible de parler de choc ou de révolution au sortir du défilé. Car le talent et le style de Raf Simons ont trouvé un parfait écho dans l’aura, l’héritage et la surpuissance d’une maison comme Dior. Le mariage ne pouvait que briller. Et hier, a scintillé le premier éclat.

 

 

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