Prêt-à-porter, P-E 13

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Par Louis Bompard     Depuis qu’elle a succédé à celui dont elle était le bras droit, Lee Alexander McQueen, Sarah Burton a tout connu. Les attentes, avouons-le, sûrement inquiètes, des addicts du maître, puis la consécration le jour où Kate Middleton traversa l’allée centrale de Westminster Abbey dans une robe imaginée par la créatrice anglaise. C’est ensuite le respect et finalement une quiétude positive qu’a reçu Sarah Burton. Non pas que ses collections n’attiraient plus foule le jour de leur présentation (est-ce vraiment possible tant que la maison portera le nom de son créateur ?), mais, en 4 saisons, Sarah Burton a prouvé qu’elle avait une patte, une vision de la mode et un style qui se greffaient sans trop de difficultés à l’univers dans lequel Lee McQueen avait…

Par Louis Bompard

 

 

Depuis qu’elle a succédé à celui dont elle était le bras droit, Lee Alexander McQueen, Sarah Burton a tout connu. Les attentes, avouons-le, sûrement inquiètes, des addicts du maître, puis la consécration le jour où Kate Middleton traversa l’allée centrale de Westminster Abbey dans une robe imaginée par la créatrice anglaise. C’est ensuite le respect et finalement une quiétude positive qu’a reçu Sarah Burton. Non pas que ses collections n’attiraient plus foule le jour de leur présentation (est-ce vraiment possible tant que la maison portera le nom de son créateur ?), mais, en 4 saisons, Sarah Burton a prouvé qu’elle avait une patte, une vision de la mode et un style qui se greffaient sans trop de difficultés à l’univers dans lequel Lee McQueen avait laissé son navire.

 

Cependant, il lui manquait ce que l’on adorait chez McQueen: une collection joliment dérangeante où le beau vient de que quelque chose qui fait mal. En effet, c’est surtout vers des voyages lyriques, poétiques et théâtraux que Burton avait décidé de placer le début de son mandat (peut-être l’effet “mariage du siècle” ?). Hier, enfin, quelque chose de piquant nous attendait. Et pas besoin d’aller le chercher bien loin, puisque les hexagones au sol et la frise numérique d’alvéoles donnaient un écho aux stridents bourdonnements d’abeilles qui teintaient la bande-son. Alors qu’elle a barré leur regard de visières d’apiculteurs revisitées, Sarah Burton a essayé de parer chaque modèle d’une interprétation des alvéoles de ruches. Tantôt un imprimé, porté sur une résille XL en cuir, tantôt un brocard, des rangées de volants smockés ou une broderie sur fond noir laissant apparaître les motifs…

Sarah Burton architecture ses silhouettes (tiens, comme le feraient des abeilles…) de corsets, baleines de jupes ou ceintures en écailles qui rappellent forcément un miel caramélisé. La créatrice anglaise avouera ensuite s’être inspirée du peintre de pin-up Alberto Vargas pour apporter, avec ses armatures, une féminité exagérée et fantasmée. Quelques ensembles tirés du vestiaire de la lingerie amènent même une nouvelle note entraînant vers une policée perversité. Voilà qui rappelle les grandes heures du regretté génie. Pour finir, puisque spectacle il faut chez McQueen, une série de robes impressionnantes met en mouvement les fleurs sur lesquelles nous gentilles abeilles (de plus en plus bruyantes) aiment se poser.

 

Même si elle peut prendre des allants oppressants, corrosifs et doucement agressifs, cette collection printemps-été 2013 de Sarah Burton est jouissive. Parce qu’elle nous rappelle l’immense héritage visuel et philosophique qu’a laissé derrière lui Lee Alexander McQueen. Mais également parce que l’on sait que ce testament est dans les mains d’une créatrice qui sait le décrypter. Et puis, aussi, parce que c’était beau… Comme chez McQueen.

 

 

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