Simone Rocha, P-E 13

Par Karen Rouach      Simone Rocha est jeune. Elle-même, d'abord, ne dépasse pas les 26 ans, et puis sa marque éponyme, qui affiche seulement deux ans de collections, n'a rien d'une entreprise bankable. On ne dirait pas, pourtant en voyant ce parterre de rédactrices en chef et acheteuses du monde entier presser le pas pour ne rien rater du défilé. Si on la désigne de temps en temps comme "la fille de" John Rocha, les journalistes n'utilisent cette périphrase que pour ajouter une

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Par Karen Rouach 

 

 

Simone Rocha est jeune. Elle-même, d’abord, ne dépasse pas les 26 ans, et puis sa marque éponyme, qui affiche seulement deux ans de collections, n’a rien d’une entreprise bankable. On ne dirait pas, pourtant en voyant ce parterre de rédactrices en chef et acheteuses du monde entier presser le pas pour ne rien rater du défilé. Si on la désigne de temps en temps comme « la fille de » John Rocha, les journalistes n’utilisent cette périphrase que pour ajouter une figure de style de plus à leur papier. En réalité Simone Rocha n’a aucune étiquette sur le front et a déjà même, pourtant jeune créatrice parmi l’avalanche de jeunes designers qu’accumule Londres, tout d’une grande. Un rapide coup d’œil au premier rang, Alexa Chung y attend patiemment : il semblerait que l’on se trouve très exactement à l’endroit où il faut être à cette minute.

 

Parce que la coutume veut que les créateurs révèlent l’inspiration de leur collection, Simone Rocha joue le jeu : des photos d’Ed Templeton où des adolescents s’embrassent, et les sculptures de Cy Twombley attendent sur le banc. Alors on y croit, mais au fond on pense que la créatrice dessine avant tout ce qu’elle aime et aimerait porter. Influencée par son propre vestiaire, masculin dans son ensemble mais teinté de détails hautement féminins, elle se démarque en revisitant les grands classiques.

 

 

 

Un créneau qu’elle réitère plus que jamais cette saison. Il y a d’abord ces fameuses brogues, chaussures qu’aucune parisienne n’a encore osé porter à ce jour, mais que les londoniennes considèrent déjà comme un classique. Entre les mains de la créatrice, elles deviennent la pièce la plus futuriste de la saison grâce à l’utilisation de matières plastiques, en quelques sortes sa signature. Et puis il y a les sacs, qui font penser à des « lunch bags » sauf que le perspex coloré a remplacé le papier.

 

Simone Rocha s’est par ailleurs fait un plaisir de revoir et corriger la petite robe blanche. La sienne a été pensée avec des empiècements en tulle rebrodés, laissant entrevoir ce qu’il faut de peau. Viennent ensuite des ensembles en crochet, des broderies anglaises, en même temps que le jaune et l’orange fluo font leur apparition, venant ainsi donner de la couleur à cette semaine londonienne. Des silhouettes presque virginales, complétées par des cols et renforcées par des auréoles trônant au dessus de la tête, offrent une véritable réflexion sur la jeunesse et l’innocence propre à cette période de la vie. On en sort nostalgique de nos années collège. Il paraît que c’était le but.

 

 

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