Miu Miu, P-E 13

Par Louis Bompard   Au sortir du défilé Miu Miu, une de nos consœurs américaines aura ce mot : « Miuccia Prada est une businesswoman punk ».  Force est de constater que si Paris a inventé la mode, les new-yorkais savent désormais la lire et l’écrire. Car oui, Miuccia Prada vit, professionnellement, dans un autre monde, en marge des diktats d’une mode qu’elle ne cesse pourtant d’influencer. Cette saison, la livraison milanaise de Prada l’a démontré, celle de Miu Miu, hier confirmait cette d

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Par Louis Bompard

 

Au sortir du défilé Miu Miu, une de nos consœurs américaines aura ce mot : « Miuccia Prada est une businesswoman punk ».  Force est de constater que si Paris a inventé la mode, les new-yorkais savent désormais la lire et l’écrire. Car oui, Miuccia Prada vit, professionnellement, dans un autre monde, en marge des diktats d’une mode qu’elle ne cesse pourtant d’influencer. Cette saison, la livraison milanaise de Prada l’a démontré, celle de Miu Miu, hier confirmait cette démonstration.

 

En tirant au dernier moment les rideaux de la salle du conseil économique, social et environnemental pour plonger l’assistance dans le noir, elle annonçait la couleur. « N’attendez de voir ce que vous attendiez » semblait-elle vouloir faire passer comme message. Et les premiers passages allaient bien dans ce sens: des silhouettes aux allures de couture des années 50 (dont la jupe à mi-tibia sera l’élément phare et edgy) se taillent alors dans un denim brut. Un ange passe dans la salle… Il fallait en fait se rendre backstage pour comprendre un peu mieux la collection. Sa subtilité est en réalité cachée, car les doublures de ces pièces à l’apparence « pauvre » sont en satin duchesse. «Ce n’est pas détruire l’élégance, mais en proposer une nouvelle sorte » confesse Miuccia Prada. « Le femme fatale n’est jamais parfaite… du moins, celle que j’aime ».

C’est donc l’inverse de ce que la logique appellerait perfection que la créatrice italienne a décidé de proposer pour l’été prochain. Ses fourrures, par exemple, se parent d’un effet tie-and-dye et se portent même de temps en temps balancé sur l’épaule. Les vestes et manteaux, eux bien en satin duchesse, se voient froissés et estompés, pour former ce même effet de délavage. Le reste sera déclinaison de ces principes.

 

Les rares personnes qui ne plongent pas les yeux fermés dans l’univers de Miuccia Prada lui reprochent souvent de trop conceptualiser ses collections. Elle le reconnaît d’ailleurs une nouvelle fois, se targuant de son célèbre « It’s complicated » lorsqu’il s’agit d’expliquer sa collection. Mais son plus grand talent est là : malgré tout, avec elle, cela paraît facile. À tel point qu’on en oublierait (presque) qu’elle voit un été en fourrure…

 

 

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