Miu Miu, A-H 13/14

Par Louis Bompard   Il y a 3 raisons principales d’aimer Miuccia Prada. La première, et la plus avouable pour un magazine comme L’Officiel, est tout simplement qu’elle créé des vêtements et des allures uniques, désirables à l’excès, et qui nous font regretter que le podium ne soit pas en réalité une boutique. Cela, le défilé Prada qu’elle a présenté il y a 2 semaines à Milan en est le parfait exemple. La seconde des raisons d’être séduit par la créatrice italienne est sa volonté d

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Par Louis Bompard

 

Il y a 3 raisons principales d’aimer Miuccia Prada. La première, et la plus avouable pour un magazine comme L’Officiel, est tout simplement qu’elle créé des vêtements et des allures uniques, désirables à l’excès, et qui nous font regretter que le podium ne soit pas en réalité une boutique. Cela, le défilé Prada qu’elle a présenté il y a 2 semaines à Milan en est le parfait exemple.

La seconde des raisons d’être séduit par la créatrice italienne est sa volonté d’amener la mode sur des territoires qu’elle ne connaît pas forcément, comme pour faire avancer le grand livre de cette dernière. Ainsi, passionnée d’arts et d’histoire, il n’est pas une pièce sortie de son imagination qui n’est pas inspirée, référencée ou empruntée à un mouvement, une quête ou un événement dont tout le monde va désormais s’éprendre. Il n’y a qu’à voir le défilé Prada du mois de septembre, et ses patchs de fleurs peints, pour comprendre ces réflexions.

Enfin, la troisième des causes à notre attachement à Miuccia Prada est que, malgré le poids que son talent hors normes lui confère, elle est une femme, et donc par là même une créatrice, libre. L’expression même de cette franchise, c’est dans ses collections parisiennes pour Miu Miu qu’il faut généralement aller la chercher.

 

 

Libre, elle le fut notamment pour transformer l’intérieur du Conseil Économique Social et Environnemental, qui accueille dernièrement tout ses défilés. La salle principale, d’un parisianisme classique, s’est en effet vue compressée par des grilles industrielles éclairées de néons et un plafond rabaissé.

Si la saison dernière, elle s’était offert la liberté de présenter une collection extrêmement hivernale pour une livraison d’été, c’est un tout autre chemin que la créatrice italienne a décidé de prendre pour l’hiver prochain. « Je n’ai pas eu assez de temps pour préparer cette collection » avoue-t-elle backstage, « elle est donc très instinctive ». Bref, cette saison, Miuccia Prada a réellement eu envie de s’amuser. Et cela se ressent dès les premiers passages de son défilé.

Une série de manteaux et tailleurs aux épaules larges, à la taille étouffée et au revers de col doublé d’un second en astrakan s’associe à des foulards à pois noués, des talons 60 aux teintes métalliques et des collants à fines rayures que l’on retrouvera tout le défilé. Pour expliquer cette dernière lubie, Miuccia Prada confirme qu’elle avait vraiment l’âme rieuse au moment d’imaginer cette collection: « Ils correspondent à plusieurs femmes, de la collégienne à la prostituée ! » s’amuse-t-elle.

Les passages s’enchaînent ensuite comme un grand carnet d’essais de la créatrice. Les bombers deviennent des manteaux ceinturées, des jupes taille haute ou des robes bustiers, rayures diagonales, verticales ou horizontales se marient au pois quand le vision se mêle à des toiles plus sportives et techniques. Le tout dessine une allure longue, s’arrêtant à mi-tibia et oscillant entre celle de la Belle Époque et celle des années 20, quand l’immense majorité des designers se sont tournés cette saison sur des silhouettes de milieu de siècle.

 

Avec cette collection, Miuccia Prada a en quelque sorte rappeler, le dernier jour des défilés de cette dernière, ce qu’est la mode parisienne au fond. Un mélange d’audace, de créativité, de parti pris, de savoir-faire et d’allure. Elle, la milanaise…

 

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