J. W. Anderson, P-E 13

Par Louis Bompard     Dieu que Londres les aime, ses petits princes. En effet, la capitale d'Albion a toujours tourné ses lumières sur les diamants de sa couronne pour les faire briller. Il y eut Galliano, McQueen, Giles, Matthew Williamson, puis une génération dorée, au début des années 2000, qui vut éclore des talents comme Christopher Kane, Jonathan Saunders, Gareth Pugh, Henry Holland ou encore Marios Schwab. Depuis, plus grand chose... Au point même que les défilés les pl

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Par Louis Bompard

 

 

Dieu que Londres les aime, ses petits princes. En effet, la capitale d’Albion a toujours tourné ses lumières sur les diamants de sa couronne pour les faire briller. Il y eut Galliano, McQueen, Giles, Matthew Williamson, puis une génération dorée, au début des années 2000, qui vut éclore des talents comme Christopher Kane, Jonathan Saunders, Gareth Pugh, Henry Holland ou encore Marios Schwab. Depuis, plus grand chose… Au point même que les défilés les plus attendus de la semaine devenaient ceux d’un jeaneur (Acne) et d’une machine de guerre commerciale (Burberry). Mais, cette saison, un petit vent frais venu d’Irlande a vivifié une fashion week qui en avait bien besoin. Son nom: J.W. Anderson.

La saison dernière déjà, son défilé avait aiguisé la curiosité des rédacteurs internationaux en quête de nouvel british emerging talent. Il n’avait pas déçu son monde, répondant d’une collection à l’incroyable facilité et, plus qu’aucune, dans l’air du temps. Mais aujourd’hui, la donne a changé, puisque le géant Topshop a demandé au jeune Irlandais de succéder à Mary Katrantzou et de dessiner la collection collaboration présentée au moment de la fashion week, soit la plus importante de l’année. Alors, bien entendu, son défilé, qui clôturait la journée de lundi, a accueilli tout ce que la mode compte de fashionizers. Et une nouvelle fois, le charme a opéré et l’incroyable et jouissive certitude de voir un talent monstre débuter son envol flottait dans l’air.

 

J.W. Anderson a pris ce qui, malheureusement, est devenu un risque en redessinant une silhouette forte, actuelle et pourtant hors des sentiers des cahiers de tendances du moment. Chaussés de trop grandes boots d’homme, les premiers looks de sa présentation s’articulent autour de pans de volants à la précise démesure. On sent ainsi de suite l’idée du créateur: vouloir dessiner de nouveaux contours à une féminité qui trouve la base de son style dans ce que font les petites filles qui jouent dans une garde-robe d’adulte. Voilà ainsi larges pantalons d’homme et un imprimé qui singe des traces de doigts trempées dans la peinture. J.W. Anderson nous surprend même en osant de grandes poches intérieurs qui dépassent de veste cropped, comme pour accentuer cette histoire d’oversize. Les premiers rangs laissent échapper des « new Margiela » et autres « kinda Comme des Garçons ». Bien qu’il l’élargisse cette saison, le créateur irlandais renforce également sa signature qui fait la part belle à une rigidité molletonnée, en proposant d’adorables pantalons baggy en néoprène.

 

Un cap a bien été franchi hier soir. On attendait une confirmation, nous avons assisté à plus. J.W Anderson s’est installé dans la caste des créateurs qui font briller Londres. C’est ce que l’on appelle un échange de bons procédés.

 

 

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