Carven, P-E 13

Par Karen Rouach     Il y a un an, Carven défilait dans une confinée salle du Jeu de Paume. La saison dernière, c’est au Couvent des Cordeliers que Guillaume Henry présentait sa collection. Pour le printemps-été 2013, c’est au Grand Palais que nous étions conviés. Nous, mais également toute l’intelligentsia du chiffon, des rédactrices +++ aux acheteurs du monde entier. Deux éléments qui confirment bien la supersonique renaissance de Carven, et la place haut per

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Par Karen Rouach

 

 

Il y a un an, Carven défilait dans une confinée salle du Jeu de Paume. La saison dernière, c’est au Couvent des Cordeliers que Guillaume Henry présentait sa collection. Pour le printemps-été 2013, c’est au Grand Palais que nous étions conviés. Nous, mais également toute l’intelligentsia du chiffon, des rédactrices +++ aux acheteurs du monde entier. Deux éléments qui confirment bien la supersonique renaissance de Carven, et la place haut perchée qu’elle occupe désormais dans le paysage de mode mondial. Mais alors que l’automne-hiver dernier était le premier véritable test pour Guillaume Henry, le défilé d’hier était attendu comme une confirmation : celle que Carven n’est plus une marque « à suivre », mais bien une des voix de la création parisienne. Alors, examen réussi ? Décryptage.

 

Pour commencer, il n’est pas y aller trop fort que de dire que cela ne sentait pas vraiment l’été hier matin. En escapade loin de Paris, la femme imaginée par Guillaume Henry se lance, selon les dires de son créateur, dans une nouvelle vie d’aventurière, conservant sa silhouette urbaine et aristocratique, mais devenant prévoyante quant aux matières. Serait-ce ainsi la fin de la fille ingénue chère à Henry depuis son entrée dans la maison ? En tout cas, aujourd’hui, elle préfèrera un coton cloqué épais à un lin estival, des teintes sombres ou passées plutôt que des coloris pastels. Elle s’autorise pourtant des pièces ajourées à chaque passage, ne fermant ainsi pas complètement la porte à l’été.

Quelques silhouettes plus loin, une Toile de Jouy revisitée, qui décore des robes et tailleurs également à découpes, affiche un motif safari. On respire, la fille Carven n’a pas totalement perdu sa candeur et son humour ! Son sac sous le bras comme si elle emportait sa radio avec elle (Guillaume Henry s’est inspiré des Bakélites africaines), chaussures masculines aux pieds, confort oblige, la globe-trotteuse Carven conserve quelque chose d’extrêmement féminin. Certainement une question de formes, qui s’arrondissent et se simplifient au fur et à mesure de son périple.

 

Guillaume Henry a donc réussi à entraîner sa muse avec lui. Car si lui a évolué, elle a fait de même. Et du coup, nous aussi, on lui prendrait bien la main, à Guillaume, pour qu’il nous rhabille…

 

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