Balmain, P-E 13

Par Louis Bompard     Depuis qu’elle a retrouvé ses lettres de noblesse, au milieu des années 2000 sous l’impulsion de Christophe Decarnin, Balmain n’a jamais laissé totalement indifférent. D’un côté les addicts du Montana qui se damneraient pour un bout d’épaulettes pailletées. De l’autre, celles que le prix des pièces, insufflé en grande partie par cette nouvelle aura trendy, commençaient à gentiment faire tousser. La collection qu’a présentée hier

lire le compte-rendu

Par Louis Bompard

 

 

Depuis qu’elle a retrouvé ses lettres de noblesse, au milieu des années 2000 sous l’impulsion de Christophe Decarnin, Balmain n’a jamais laissé totalement indifférent. D’un côté les addicts du Montana qui se damneraient pour un bout d’épaulettes pailletées. De l’autre, celles que le prix des pièces, insufflé en grande partie par cette nouvelle aura trendy, commençaient à gentiment faire tousser. La collection qu’a présentée hier Olivier Rousteing avait sûrement vocation à réconcilier les deux.

Car, une nouvelle fois, c’est aux oiseaux de nuits qu’elle s’adressait à grands coups de notes sexy en diable. Les mini-robes sont toujours au rendez-vous, les décolletées se taillent dans un V profond et des tops cropped laissent le nombril prendre le soleil. Mais cette saison, Olivier Rousteing a fait passer un cap à la maison parisienne. Un cap embrassant le savoir-faire couture et provocant, chez front rowers américaines, un  incontrôlable « Oh-my-god » d’éblouissement. En effet, il a construit la plupart de ses robes dans des jeux de tressage et tissage à différentes échelles. Ainsi, chaque pièce de la collection semble être constituée de plusieurs empiècements façonnés à la main par un artisan. Backstage, on peine à toucher ces sculptures de peur de les abîmer. Et quand, en plus, viennent s’ajouter des patchs de cuir verni et des incrustations de Swarovski, on se demande si c’est bien pendant la semaine du prêt-à-porter que devait défiler cette collection. Cette fois-ci, les sceptiques en auront pour leur argent !

 

Les inconditionnelles comblées, les caquets des médisantes clos, il ne restait plus qu’à séduire les autres, moins extrêmes, et finalement les plus nombreuses. Et pour ça, il va falloir qu’elles se sentent l’envie de replonger quelques années en arrière, quand Christophe Decarnin avait remis au goût du jour l’épaulette surdimensionnée. Et même plus loin encore… Car les pantalons oversize taille haute, les blousons de cuir longueur nombril, les slims 7/8 à losanges, le jaune et noir, les perfectos à plus que large carrure et le jean brut font obligatoirement penser à une Madonna au top des eighties… Si tout le premier rang ne dégainait pas son iPhone pour mitrailler le final, on aurait pu se croire revenu au grand temps des Montana (Claude, celui-ci, pas Club), Mugler et autre Jean-Paule Goude.

 

Un défi de plus pour le jeune Olivier Rousteing donc. Rendez-vous dans 6 mois pour les résultats de cet audacieux exposé.

 

Réduire le compte-rendu

les collections précédentes