Le bilan du jour 8:
Chanel, Hermès, Valentino…

L’avant-dernier jour de cette fashion week parisienne était, comme souvent, dominé par le défilé Chanel, donné au Grand Palais. A-t-on vraiment besoin de préciser que Karl Lagerfeld et la maison avaient encore une fois imaginé une mise en scène digne d’une superproduction ? La collection fut en tout cas à la hauteur de l’endroit. Christophe Lemaire, lui, s’est offert chez Hermès son deuxième défilé acclamé de la semaine, après celui de sa propre maison. Une journée qui commença donc de manière brillante, pour se clore dans les étoiles.

 

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À la une: Chanel, le monde en terrain de jeu

 

Ready to Wear Fall Winter 2013 Chanel Paris Fashion Week March 2013

 

Si la maison Chanel a l’habitude de programmer son show la veille du dernier jour de la fashion de Paris, cela n’est pas sans raison. Celui d’hier en était une nouvelle explication. Après un mois de défilés, de tendances mouvantes, d’apparitions de nouvelles it-girls, de rumeurs plus ou moins justifiées, de coups de cœur et de déceptions, l’événement d’hier (peut-on appeler autrement un défilé se déroulant autour d’un immense globe planté au centre du Grand Palais, devant une quinzaine de rangs d’invités ?) balayait tout le bancal pour venir réinstaller certains principes de base à leur place.

 

Le premier est que la mode doit rester affaire joyeuse et aérienne. La saison dernière déjà, Karl Lagerfled avait fait souffler dans sa collection une délectable brise d’oxygène, qu’il appelait « énergie nouvelle ». Le coton allégeait les tenues, quand des lignes plus courtes et des couleurs pop vitaminaient l’ensemble. Pour l’hiver prochain, cette volonté de dynamisme et de fraîcheur continue d’être palpable. D’ailleurs, impossible, encore une fois, de ne pas penser que les filles du moment, invitées du Kaiser, comme Miroslava Duma, Jen Brill, Laura Hayden, Leigh Lezark, Tallulah Harlech, Soko Ou Gaia Repossi, sont surement pour quelque chose dans l’ »actualisation » de la femme Chanel.

 

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La globe-trotteuse imaginée par Karl Lagerfeld, et donc, sa femme de la saison, se rajeunit donc incontestablement, dans sa silhouette et son état d’esprit. Certes, sa garde-robe se taille dans « une palette très mystérieuse de gris » (sic. Karl himself), à laquelle viennent s’ajouter des touches de bleu, prune ou rose. Mais l’allure qu’elle dégage l’ancre définitivement dans la 2e décennie du XXIe siècle, l’aujourd’hui et son demain.

Ses manteaux en tweed découvrent les cuisses sur le devant quand les épaules des cabans et blousons s’arrondissent pour apporter une attachante touche urbaine « qui bombe le torse ». Les tailleurs iconiques de la maison se métamorphosent eux dans une alternative qui fait la part belle à de courtes jupes patineuses et à de larges shorts.

Ce que Karl Lagerfeld a également compris, c’est la volonté gargantuesque de consommer plus, toujours plus, de mode des femmes d’aujourd’hui. Ses jeux de superpositions vont dans ce sens. Désormais, il est permis de porter une robe en tweed sur une tunique en cuir, puisque l’on veut les deux. Et si on peut pas choisir entre une jupe aux genoux et une autre mini, dézippons la première pour laisser apparaître l’autre. Les cuissardes ultra-ajustées de la saison sont également inspirées de cet esprit de Matriochkas, en s’associant en trompe-l’oeil avec des guêtres de tweed, des bottes chainées en cuir verni, ou des mocassins bicolores. Tout cela se pare d’une brillance délicate, mais qui éblouit de modernité. Avec Karl Lagerfled, l’hiver sera sombre, mais brillant, « pas déprimant ».

 

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C’est d’ailleurs d’ici que part le deuxième constat d’évidence de ce défilé. Le décor et l’attention portée à chaque invité démontre la puissance unique de l’entreprise Chanel. Mais plus encore, cela rayonne également sur chaque silhouette. Ici comme nul par ailleurs, le prêt-à-porter vient empiéter sur le territoire et le savoir-faire de la couture. En effet, dans cette collection, tout ce qui parait être de la laine ne l’est pas vraiment. Ou plutôt pas simplement. Rebrodée, perlée, entrelacée de lurex ou de cuir, elle s’offre, dans les tweeds de la maison, en formidable laboratoire des possibilités sans limites des ateliers Chanel.

 

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Hier, l’impressionnante armada de Chanel girls a donc clôt le défilé en entourant le globe sur lequel chaque petit drapeau frappé du double C représentait l’emplacement d’une boutique de l’enseigne Après cette démonstration de puissance, créative, communicative et financière, on se demande si, finalement, ça ne serait pas la planète qui tournerait autour de Chanel. Ce qui est sur, c’est que Karl Lagerfeld et la maison sont assis au firmament de l’une d’elle. Celle de la mode. L.B

 

 Retrouvez l’intégralité du défilé Chanel

 

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