Le bilan du jour 4:
Christian Dior, tête d’affiche

 

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À la une: Chez Dior, la mémoire fait le beau

 

La sensation était déjà palpable la saison dernière. Depuis son arrivée chez Dior, Raf Simons veut faire de la maison la sienne. Par là, il ne faut pas imaginer que le designer belge veuille attirer sur lui les lumières, quitte à faire de l’ombre à ce mastodonte de la création parisienne; ça serait mal le connaître. Simplement, Raf Simons s’est fixé une ligne de conduite à laquelle il n’a pas dérogé lors de ses quatre dernières collections. Son rôle chez Dior est de réinterpréter l’héritage du fondateur de la maison, ou plus précisément de l’actualiser. Si cela apparaît comme une évidence lorsqu’un directeur artistique arrive au sein d’un studio, ce n’est qu’au sortir du show d’hier, aux allures de démonstration cartésienne, que l’on comprend véritablement cette mission.

 

Dior

 

Toute la communication du créateur pour expliquer cette collection automne-hiver 2013/14 tourne ainsi autour de cette notion de « mémoire » et de souvenirs. Ceux qu’il a des créations de Monsieur Dior, mais aussi ceux de domaines dont il partage avec lui la passion, comme l’art (Christian Dior fut galeriste avant d’entamer sa carrière de créateur). Ainsi, c’est de la rencontre entre le Surréalisme et le Pop-Art qu’est né le décor de cette présentation: un sol imprimé de nuage inspiré par René Magritte, sur lequel était disposé d’immenses boules miroirs. D’art, il en était également question quant au plus fort parti-pris de Raf Simons dans cette collection, qui imprima ou broda sur quelques panoplies des dessins de souliers ou de visages angéliques de femmes du début de la carrière d’Andy Warhol (un travail d’une finesse que l’on ne connaissait pas à l’artiste si l’on en est pas expert).

 

Le corps de la collection est donc plus qu’un hommage à l’inventeur du New Look. Comment ne pas voir son reflet dans cette allure florale que créée une minicape asymétrique portée sur une jupe tulipe, dans ce manteau trapèze rouge noué d’un important noeud au cou ou dans les ré-interprétations d’un motif phare de Dior, le pied-de-poule, qui s’irise ici ou se suggère zoomé dans des torsades irlandaises bi-colores ?

Même si la proximité des A.D.N de Monsieur Dior et Raf Simons semble aussi évidente que troublante, ce dernier n’oublie pas pour autant sa mission. S’inspirer, oui, mais surtout ancrer la maison Dior dans la wagon de son époque. Rendre hommage ne suffit pas, et chaque pièce qu’il signera avenue Montaigne se voudra chargée d’un twist moderne. Ainsi, le tailleur Bar trouve une nouvelle vie, plus mouvante, dans un denim de laine, alors qu’une jupe cloche taille haute se taille dans un soie métallisé devenue sa nouvelle marque de fabrique.

 

Pour expliquer cette livraison, Raf Simons affirme qu’elle est « surtout liée à des passions communes » entre lui et le fondateur de la maison. Celle du beau en est sans hésitation une. L.B

 

 

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