Le bilan du jour 3:
Balenciaga, Carven, Lanvin…

Ce quatrième jour de fashion week parisienne n’a pas été de tout repos, entre les débuts d’Alexander Wang chez Balenciaga, un virage de la femme Carven, des vibes psychédéliques de Manish Arora, un nouveau revival eighties chez Balmain et des sourires chez Lanvin.

 

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À la une: le début de l’ère Wang chez Balenciaga

 

C’était assurément un des moments les plus attendus de cette faction week. Alexander Wang présentait hier sa première collection pour Balenciaga. La question, depuis quelques mois et l’officialisation de son arrivée, était de savoir qui du créateur américain ou de la maison française allait prendre le dessus sur l’autre ? Depuis hier matin, nous avons la réponse.

 

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Le premier indice était donné bien avant que le défilé ne commence, avec le choix de stratégie de ce dernier.  Alors que les shows d’Alexander Wang aux États-Unis prennent des allures de grand happening où se retrouve le tout New York branché, modeux, arty, business ou chic, ceux de Balenciaga, sous l’ère Ghesquière en tout cas, accueillaient une audience ultra-séléctionnée, et le terme n’est pas assez fort. Même s’il a déclaré qu’il ne voulait pas que cette première collection attire sur elle toutes les lumières de la semaine et qu’il préférait donc une présentation sans grandiloquence, Alexander Wang semble s’être plié à la volonté élitiste de la maison, en organisant trois mini-défilés dans les locaux de l’avenue Georges V. Balenciaga 1- Wang 0.

 

Mais au final, on ne juge pas un défilé à la couleur de l’invitation. Le plus important se passait sur le podium, marbré de craquelures ici. On savait qu’Alexander Wang avait véritablement commencé à travailler à ce premier opus à partir du mois de janvier, et qu’il s’était pour cela plonger dans une étude assidue des archives de la maison. On ne peut pas mentir, cela se voit ! Les premiers passages résonnent comme un hommage au travail de Cristóbal Balenciaga. Manteaux cocons, jupes tulipes, épaules raglan arrondies, drapés qui tirent le volume vers l’arrière quand les jupes plus courtes devant que dans le dos amène un mouvement inverse… Tous les codes du fondateur de la maison parisienne reprennent ici vie. Mais cette ré-interprétation du travail du maître est tellement fidèle à son esprit qu’il en devient même difficile de voir la patte d’Alexander Wang là-dedans (sauf peut-être sur les manches en fourrures apposées à ces passages). Donc hommage ou ré-édition ? On aurait presque envie de dire 2-0…

 

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Ce n’est qu’après une série de tops courts plutôt bien sentis mais pas vraiment étonnants que le petit prince de la Big Apple fait -enfin- du Alexander Wang ! En effet, à l’image d’un Christopher Kane (qui fut aussi pressenti pour prendre la succession de Nicolas Ghesquière il y a quelques mois), c’est quand il décide de décliner une de ses lubies du moment que le créateur new-yorkais est le meilleur. Le podium était donc un indice, puisque la seconde partie du défilé, disons la plus edgy, se focalisait sur l’idée de marbrures. Placées sobrement en doublure sur le revers d’une ouverture dans le dos, c’est ensuite en velours dévoré, brodées, sur une maille enduite, tranchante en fourrure ou sur un sublime pull en mohair craquelé que ces fêlures apparaissent. Allez, Alexander Wang revient au score: 2-1.

 

29 34

 

L’attente avant ce premier défilé du créateur new-yorkais pour Balenciaga ressemblait étrangement à celle qui précédait la première livraison couture de Raf Simons pour Dior, en juillet dernier. Du designer belge, on avait reproché la trop proche similitude de ses créations pour sa nouvelle maison avec celles qui imaginait pour Jil Sander. Au sujet d’Alexander Wang, c’est justement l’inverse. On a du mal à reconnaître le feu follet américain dans cette collection, qui pourtant, ne manque pas de propositions en tant que telles. Cristóbal Balenciaga était un génie de son siècle et de son art, et son héritage est donc bien entendu immense et lourd. Alexander Wang doit donc prouver qu’il est capable de le porter sur ses épaules pour l’emmener dans son univers. C’était donc surement pour se tester, qu’hier, il a commencé par soulever du marbre. L.B

 

 

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