Cover girl : Carole Bouquet, le beau rôle

Comédienne, viticultrice, militante pour la protection des enfants, grand-mère… Carole Bouquet incarne avec grâce toutes les facettes d’une femme moderne accomplie. Pour « L’Officiel », elle pose avec sa belle-fille, Masha, et sa petite-fille.

 

Entretien : Raphaël Cioffi

Stylisme : Christine de Lassus

Photographie : Trent McGinn

 

 

Il serait facile de dire que la vie sourit à Carole Bouquet. Au cinéma, c’est une actrice qui compte, et elle revient avec un rôle dur et émouvant dans Mauvaise Fille, l’adaptation du livre de Justine Lévy. Elle étonne en y interprétant la mère absente et gravement malade d’Izïa Higelin. Qui ne rêverait d’être cette actrice ? En famille, elle découvre son nouveau rôle, celui de grand-mère. Une grand-mère belle et sereine, au point qu’on l’a déjà prise pour la mère de sa petite-fille. Qui ne rêverait d’être cette grand-mère ? Ailleurs, en Italie plus précisément, elle devient une aventurière émerveillée de produire son propre vin, sur une terre qu’elle a choisie pour se créer des racines. Qui ne rêverait d’être cette aventurière ? Oui, il serait facile de dire que la vie sourit à Carole Bouquet. Qui ne rêverait d’être Carole Bouquet ? Mais c’est Carole Bouquet qui sourit à la vie.

 

À quoi ressemble votre vie de famille aujourd’hui ?

“Elle est facile à raconter puisque mes enfants sont partis de la maison. Ils sont partis tôt, à 18 ans, ce qui a été pour moi un traumatisme, même si je les ai élevés pour qu’ils partent. ‚a a pris quelques mois avant que je ne m’adapte à ne plus les avoir la maison.”

 

Qu’est-ce qu’on fait à ce moment-là ?

“On boit un coup !” (Rires.)

 

Mais souvent les parents sont encore plus présents quand on part…

“Non, pas moi, je ne sais pas faire ça. J’adorerais, mais je n’ai pas été élevée comme ça. Pas à partir du moment où ils sont partis et que je n’ai pas le sentiment qu’ils ont besoin de moi. C’est différent de quand ils étaient petits. Même si je travaillais énormément, je rentrais, je m’en occupais, 24 heures sur 24. Cela, je n’ai pas besoin de le faire pour ma petite-fille, elle a de très bons parents et elle n’a pas besoin que sa grand-mère soit là tout le temps.”

 

Vous vous sentez plus mère ou grand-mère ?

“Je me sens plutôt mère d’un fils qui a eu un enfant. Je suis grand-mère bien sûr, j’ai été émue aux larmes quand j’ai vu mon fils tenir son enfant. J’étais hystérique ! Le soir où ma belle-fille est partie accoucher, j’étais sur scène et j’ai prévenu la salle que je devais partir parce que j’allais être grand-mère d’une minute à l’autre. Le public s’est levé pour m’applaudir, et on a piqué un fou rire tous ensemble (rires). J’étais émue de voir mon fils ému. Et si Dieu, le ciel ou je ne sais qui – toute l’équipe ! – me prêtent vie, nos liens se tisseront avec cette enfant, et d’autres, en faisant des choses ensemble.”

 

 

 

 

Vous vous êtes demandé : “Est-ce que je vais être une bonne grand-mère ?”

“Oui, mais ce n’est pas très important. Je ne suis pas sûre que ce soit si grave pour l’enfant. Moi, je serai là pour voyager, aller aux spectacles, sortir manger…”

 

Quels rapports aviez-vous avec votre mère ?

“J’ai été élevée par mon père, par un homme donc, qui était peu soucieux de son apparence, pour qui le sens du devoir était très important, qui ne parlait pas. Ma mère était partie vivre dans le Midi, pour moi, le Sud était alors une promesse de bonheur. Ca m’évoque des odeurs, des couleurs… J’ai fait une publicité pendant quinze ans pour Chanel, et quand on me parlait de rose et de jasmin, moi je répondais ail et basilic !” (Rires.)

 

Quel genre de belle-mère êtes-vous ? Vous avez réussi à vous faire détester un peu ?

“Ah non ! Je n’espère pas. J’ai envie que mes fils soient heureux.”

 

Elles vous ont quand même volé vos enfants !

(Rires.) “Non ! Mais malheureusement je n’ai pas pu les empêcher de grandir, sinon je les aurais bien gardés !”

 

Quelle est votre position sur l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe ?

“Je pense qu’un enfant qui est abandonné est mieux avec des parents qui l’aiment et le désirent que seul dans un orphelinat, de façon certaine.”

 

 

 

 

Retrouvez le reste de l’interview dans L’Officiel de Décembre !

 

 

 

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