Publié le 02.10.2012
Attachants et innovants, surprenants et élégants : ses modèles se confondent avec sa personnalité. Alors que Chanel pour qui elle dessine les souliers défilé ce matin, Laurence Dacade nous mène en bateau, chez elle, à Saint-Cloud…
Par Léa Trichter-Pariente
Photographie Quentin de Briey
Passionnée depuis l’enfance par les souliers, Laurence Dacade ne voulait pourtant pas en faire son métier. Née à Lyon, elle décide de monter à Paris, le bac en poche, pour suivre des cours de mode à l’Institut supérieur des arts appliqués. Décelant son talent certain pour la chaussure, l’un de ses professeurs lui suggère alors de s’orienter vers cette spécialité. Mais Laurence refuse, un temps. “Je voulais être grand reporter et explorer le monde. J’ai longtemps papillonné avant de me poser vraiment.”
Mais, obsédée par les chaussures – “je dessinais frénétiquement des modèles la nuit” –, elle finit par s’inscrire dans une école pour en connaître tous les rudiments et apprendre la technique des bottiers et des chausseurs.
Un modèle créé pour Chanel, devenu objet de décoration
Trois bureaux
Free lance depuis ses débuts, Laurence imagine des collections pour de nombreuses maisons de couture. Outre sa propre marque, Laurence Dacade, qu’elle a fondée en 2003, elle a collaboré avec des marques telles que Kenzo, Matthew Williamson ou encore Nina Ricci, du temps d’Olivier Theyskens, et Givenchy, où elle a travaillé auprès de Julien MacDonald et Riccardo Tisci avant de rejoindre, il y a sept ans, la maison Chanel. Boulimique de travail, elle multiplie les projets : “J’éprouve beaucoup de plaisir à me mettre au service d’un créateur. J’aime travailler avec des couturiers pour ne pas m’éloigner du vêtement.” Elle signe d’ailleurs, cet hiver, une collection de douze modèles pour Thakoon. Sa pièce favorite ? Un mocassin plat, particulièrement réussi.
“Mes collaborations créent des échanges artistiques intéressants. Je fais de très belles rencontres.” Parmi elles, celle avec Karl Lagerfeld et Virginie Viard, la directrice du studio Chanel : “J’y ai découvert une vraie maison artistique dont la démarche créative n’a pour ambition de ne faire que des jolies choses.”
Dans son bureau, au milieu de ses peaux et de ses crayons de couleur
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