Le défilé de Louise Goldin

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Que de changements cet été pour Louise Goldin !

 

Tout d’abord, on savait depuis quelques mois que la créatrice londonienne allait quitter son Royaume pour présenter ses collections à New York.

Mais, ce qui se chuchotait sans se confirmer, c’est qu’elle a décidé de s’installer dans la Big apple pour se marier à un new-yorkais. Doit-on alors muer notre plume de critique du chiffon contre celle d’un féminin à l’élan psycho-socio et parler « d’âge de la maturité » ? Si nous n’étions pas autant prétentieux (nous travaillons dans la mode !), oui, nous pourrions l’affirmer. En tout cas, cette première collection new-yorkaise tend à le prouver (l’âge de raison, pas notre prétention !).

 

 

Trop souvent, depuis qu’elle présente ses créations à Londres (elle a créé sa maison en 2005 en sortant de la Saint Martins), Louise Goldin nous laissait comme un goût amer d’inachevé. Pourquoi un talent tel, car il est depuis le début autant annoncé que perceptible, n’arrive pas à passer un cap et proposer une collection équilibrée ? En effet, la jeune créatrice n’arrivait pas à faire un choix entre le wearable et le trendy. On en avait presque fini par se lasser, et la mayonnaise de cet ancien grand espoir de la mode du Royaume commençait à redescendre. De partir à la conquête d’une autre terre l’a alors peut-être aidé.

 

Car cette collection printemps-été 2013 trouve enfin son équilibre entre une désirabilité instantanée et une force « fashion » intéressante. Dans une palette « Célinienne » d’or, de camel, de bleu universitaire et de blanc, Louise Goldin garde les codes qui font sa signature. Les épaules s’arrondissent et tombent la carrure, les fausses tailles remontent elles pour miner une cage thoracique pendant que des jupes rigides fendues sur le devant apportent une structure à l’allure. Elle se permet même d’ajouter une note de douceur touchante avec deux gros pulls à plumetis géant dont on rêve d’aller les « emprunter » backstage, sitôt le défilé terminé.

 

Oui, cela ressemble à du Louise Goldin. Mais on le veut. Tout de suite. Et surtout, on a envie de lui dire « à la saison prochaine »…

 

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