Publié le 07.08.2012
Extravagante, elle était un personnage incontournable des premiers rangs des défilés, mais la journaliste de mode Anna Piaggi n’était pas que cela.
Anna Piaggi, vue par l’illustrateur David Downton
Figure légendaire du Vogue Italien, elle avait réussi à faire de son regard ouvert et amusé sur l’univers des créateurs, une signature et un cachet. Sans elle, Karl Lagerfeld n’aurait sans doute pas rencontré sa muse la plus extrême des années 70. Sans elle, John Galliano n’aurait pas été si rapidement ‘en vu’ dés la fin des années 80. Dans elle, les jeunes Domenico Dolce et Stefano Gabbana n’auraient pas été si vite institutionnalisés dans les nineties… Et combien d’autres lui doivent la renommée, en plus d’avoir été un signe avant coureur de leur succès. Car si elle portait tout ce qu’elle aimait, sans doute portait-elle également chance !
Anna Piaggi avec Karl Lagerfeld et en ‘grand appareil’ dans les années 80.
Anna Piaggi c’était des plumes et des couleurs, des robes invraisemblables et des tenues improbables, des chapeaux excentriques et des accessoires prodigieux. Ses mélanges extrêmes n’étaient pas ‘tendance’, mais ils avaient du style. Tout sur elle devenait soudain ‘fashion’. Certes, pas pour le commun des mortels, qu’elle aimait sans doute ainsi choquer parfois, mais pour ceux qui ont fait de la mode une vie.
Un véritable oiseau de Paradis.
Voyageuse, elle avait commencé sa vie indépendante en tant que fille au pair. La meilleure des formations. Elle apprit ainsi au passage de nombreuses langues et a connaître différents types de caractères. Elle commencera ensuite sa carrière professionnelle chez Mondadori comme traductrice. Elle devint rédactrice au magazine Ariana dans les années 60. Elle écrira ensuite pour Vogue à partir des années 70, mais travaille aussi à Vanity Fair, Panorama et l’Espresso.

Impératrice amusée de la mode, elle en portait toutes les couleurs.
En 1998 elle publiera son premier livre « Fashion Algebra ». Ses collages resteront des trésors de références et d’esprit, au service d’une seule cause : la mode et sa fantaisie.
Collectionneuse compulsive, elle exposera en 2006 ses trésors de mode et ses accessoires hystériques au Victoria & Albert Museum de Londres.
Elle c’est éteinte à Milan à l’âge de 81 ans. Avec elle c’est un ton libre et un certain humour de mode qui s’en va, un oiseau de paradis qui retourne a son habitacle naturel.
Patrick Cabasset.
Au revoir, Anna





