Bobby la belle vie

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Publié le 31.07.2012

Beau comme un dieu, bâti comme un ex-footballeur professionnel, aventurier comme un Crusoé, smart comme un redoutable businessman, engagé dans de multiples causes… Voici la formidable épopée de Bobby Dekeyser, un quadragénaire qui a déjà eu plusieurs vies.

 

Par Daphné Hézard

Photographie: Edouard Pellici

 

 

 

Avec Dedon, une marque de mobilier d’extérieur qui cartonne, et un resort de rêve au fin fond des Philippines, ce “Richard Branson des années 2010” a trouvé la combine pour pouvoir faire des siestes jusqu’à la fin de ses jours. D’ailleurs, lorsque Bobby Dekeyser vous donne rendez-vous pour parler business, ce n’est pas autour d’une table en haut d’une tour de Zurich ou d’ailleurs mais au large des Philippines, sur un radeau ou à bord d’un paddleboard pour une virée dans la mangrove face au coucher de soleil.

 

 

Le gentil organisateur

 

 

Son grand-père, Heinrich Hummer, s’était préoccupé des femmes en inventant la poignée en plastique qui leur permettrait de porter leur pack de lessive sans s’abîmer les doigts. Très jeune déjà, Bobby se préoccupe aussi des femmes, ou plutôt de la femme qu’il veut rencontrer et il se dit que devenir footballeur lui faciliterait la tâche. Bille en tête, Bobby se retrouve donc engagé comme gardien de but de l’équipe du Bayern de Munich à 19 ans et rencontre Ann-Kathrin, à qui il déclare sa flamme en quelques jours, lui promettant de l’épouser et de rester unis jusqu’à la fin de leurs jours. Pourquoi pas ?, lui répondra-t-elle dans la foulée.

 

Fin février dernier, le temps s’est arrêté à Dedon Island, sur l’île de Siargao aux Philippines. Juste après la cérémonie des oscars et juste avant le Salone del Mobile de Milan, Bobby est venu faire un break dans sa nouvelle danseuse, le resort où il a posé neuf villas en forme de pagode. Des villas dessinées par les architectes Jean-Marie Massaud et Daniel Pouzet et destinées à recevoir les guests, les collègues, les amis, la famille. Tout le monde est là, Ian, Hervé, Daniel, Philippe, Florian, Tom, sa fine équipe depuis toujours, mais aussi le célèbre artiste photographe Massimo Vitali, spécialiste de la photo de plage. Curieux de voir ce petit paradis perdu, il est venu immortaliser cette bande de joyeux lurons qui se déplace toujours en bande.

 

Bercé par le mouvement d’une balançoire suspendue à une pagode au large de Dedon Island, Dekeyser me raconte sa vie, ses amis, ses amours, ses emmerdes. “Il ne faut pas perdre son temps à ressasser les mauvais souvenirs et les mauvaises idées, la vie est bien trop courte.” A le voir marcher sur l’eau, faire le saut de l’ange en plongeant des falaises, prendre la parole sans arrêt pour complimenter son staff, improviser des jeux aquatiques dans la piscine, il a tout du parfait GO. Pourtant, il est un homme d’affaire opiniâtre qui a réussi, se déplace en jet et côtoie Robert De Niro et Bruce Springsteen lorsqu’il est à New York, la ville où il vit aujourd’hui. Sa force : l’esprit d’équipe, l’optimisme, des idées de génie, une confiance absolue en ses équipes, un charisme et un charme fou à qui l’on ne peut rien refuser.

 

Making-of d’une des campagnes de pub de Bruce Weber

 

L’entrepreneur obstiné

 

 

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort”, telle serait la devise de Bobby qui, malgré son sourire greffé au visage, est tombé plusieurs fois pour se relever toujours plus grand. Dans les zones d’ombres, on retient un mauvais coup de coude dans l’oeil en arrêtant un but qui le rend presque aveugle et l’oblige à prendre sa retraite sportive, le désastre commercial d’une collection de skis en bois peint. “J’étais sûr de mon coup, je pensais que mon idée était révolutionnaire. Sur mille paires réalisées, j’en ai vendu quatre-vingts et soixante-dix sont revenues cassées. Puis ce seront les multiples échecs dans la mise au point du matériau qui évolutionnera le look des terrasses, des lounges, des jardins et des plages du monde entier. Je voulais inventer la matière qui allait détrôner le rotin, le bois, le fer forgé et, surtout, le plastique. Quelque chos d’esthétique qui résiste aux intempéries et sur lequel on soit confortablement installé. Un jour, alors que j’avais livré ma première grosse commande pour le Club Med des Bahamas, Gilbert Trigano me convoque en me payant un aller-retour en classe affaire. J’étais aux anges. Arrivé là-bas, Gilbert m’amène devant une montagne de meubles Dedon totalement détruits. Tous les meubles que je lui avais livrés étaient cassés et n’avaient pas résisté aux mauvais temps.”

 

Suite à cette expérience, Bobby ne baisse pas les bras, jusqu’à trouver la bonne technique, “j’aime les crises”, nous dit-il avec son sourire désormais légendaire. C’est finalement aux Philippines, à Cebu plus précisément, que Bobby trouvera les petites mains et les bonnes usines pour créer la fibre Dedon à qui l’on doit les inimitables méridiennes aux noms (“Nest Rest”, “Daydream, “Orbit”) qui donnent envie de s’y coucher et de ne jamais se réveiller, les chaises longues “Spa”, “Summerland”, “Tango” qui font rêver et des pièces cultes comme l’“Obelisk”, le “Summer Cloud” et le “Yin Yang” pour méditer plus longtemps.

 

Virée au marché aux poissons de Siargao

 

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