Noritaka Tatehana, le chausseur de Lady Gaga

Publié le 27.07.2012

Noritaka Tatehana. Derrière ce nom d’Extrême-Orient se cache un artiste de la chaussure dont vous avez surement dû voir les créations sans le savoir…

 

En effet, ce japonais de 26 ans est le créateur des immenses escarpins sans talons de l’excentrique Lady Gaga, qui lui en a commandé plus d’une vingtaine de paires durant ces deux dernières années.

 

On se souvient des ubuesques chaussures Armadillo d’Alexander McQueen, faisant le buzz autour du clip de Lady Gaga, perchée sur les 25 centimètres de talons.

Mais c’est avec des Tatehana qu’elle a battu ses records de hauteur, jusqu’à en perdre l’équilibre, notamment lors d’une chute presque mortelle dans un hall d’aéroport.

Ces réalisations, affichant à la toise entre 25 et 46 centimètres d’altitude, sont de purs produits artisanaux, faits de la main du créateur lui-même.

 

Cet apprenti sorcier s’inspire des souliers traditionnels japonais, sortes de sandales « Geta » à plateformes de bois sur-compensées que portaient les Oiran, ces geishas de la haute aristocratie du siècle dernier. Même parmi leurs consoeurs, les Oiran représentaient l’avant-garde de la mode, et c’est ce côté fantastique qu’a voulu réinventer le créateur, en alliant modernité et intemporalité.

 

« Mon travail est devenu iconique. En chaussant Lady Gaga, nous nous sommes apportés mutuellement une sorte d’image de marque axée sur une originalité sans bornes » raconte Tatehana dans une récente interview à son studio de travail tokyoïte, encombré de livres d’art et de ses créations, tantôt émaillées de cristaux Swarovski, tantôt hérissées de clous dorés.

 

Cet « adulescent » placide, adepte des baggies de Yohji Yamamoto et grand admirateur de Rei Kawakubo et Martin Margiela, nous raconte que sa carrière décolla alors qu’il était encore étudiant. La première paire qu’il fit pour Lady Gaga était même son sujet de thèse à la prestigieuse University of Arts de Tokyo, où il étudiait le tissage traditionnel et la teinture de kimonos…

Un coup de chance doublé d’audace, puisque c’est en inondant les boîtes mails des journalistes et des personnalités du milieu qu’il a réussi à décrocher ce partenariat en or avec le styliste personnel de la diva. D’autres célébrités ont suivi le pas, comme Daphne Guiness, qui en est une fan invétérée elle aussi.

 

Mais comment font-elles pour marcher avec ?! Le créateur affirme que ses réalisations sont plus confortables que les escarpins classiques, car il insiste sur la hauteur de la plateforme afin d’éviter une trop grosse cambrure. Et de rajouter qu’il peut même courir avec, bien qu’il préfère les classiques sneakers… Et puis, certes, si on a une voiture avec chauffeur inclus, ça aide…

 

Le trublion nippon ne compte pas s’arrêter là ! De fait, un premier sac à main vient de sortir, en vente sur sa boutique en ligne, et Tatehana pense déjà au prêt-à-porter, ou même à la réalisation de costumes de cinéma.

 

Mais avant tout, il a cette ferme volonté de transmettre l’héritage culturel de son pays, dont ses créations sont empreintes. « C’est la créativité qui définit la force d’une nation », dit-il.

Une créativité qui ne reste pas à la portée de toutes les bourses, avec certains modèles qui se négocient plus de 12 000 euros la paire… On espère que le créateur lancera bientôt une ligne low-cost, histoire de voir les plus belles gamelles de l’histoire sur nos trottoirs français !

 

Antoine de Tyssandier d’Escous

Boutique en ligne : NORITAKA TATEHANA

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