The Shoes à l’apéro

Publié le 08.07.2012

C’est en plein milieu d’une partie de pétanque que nous arrivons pour interviewer le duo de The Shoes. Alors que Guillaume, bob vissé sur la tête, s’occupe de trouver des bières à la châtaigne, Benjamin, singeant avec sa chemise hawaïenne un personnage de Miami vice, se concentre pour jouer son coup. Cette rencontre est donc à l’image du groupe originaire de Reims : spontanée, tranquille et furieusement sympathique.

 

Par Louis Bompard

 

 

 

Alors, c’est des quoi vos chaussures ?

Benjamin : Moi ce sont des Zizi de Repetto, et Guillaume lui, doit encore porter ses Vans.

 

Mais au fait, pourquoi The Shoes ?

On ne sait pas vraiment. D’ailleurs on trouve ça assez nul comme nom ! Mais à l’époque, quand on avait notre Myspace (Guillaume, en apart : D’ailleurs, ça existe encore Myspace ?), on ne voulait pas nous montrer. Du coup, on a pris une photo de nos chaussures. Et comme il y a eu un buzz ultra-rapide, ce nom est resté. On ne l’a quasiment pas choisi en fait. Mais on a fini par le garder car on savait que les Beatles avaient hésiter au lancement de leur carrière, et auraient pu s’appeler The Shoes. Donc…

 

La tournée des festivals que vous faites pendant l’été, ça a une odeur de vacances pour vous ?

Ah non ! Même si on se marre, qu’on boit des bières au soleil, qu’on joue à la pétanque (Benjamin lance sa boule), ce ne sont pas des vacances. Nos vacances, on les prend en août, et là, vraiment, on ne touche pas à une platine, pas un instrument, nada.

 

Le cadre est tout de même hallucinant ici…

Oui, c’est vrai, on est pas les plus malheureux (levant leur Pietra, la plus célèbre des bières corses). C’est d’ailleurs ce que l’on aime ici à Calvi, c’est que ce n’est pas comme les autres festivals. Ici, on peut croiser les autres artistes à la superette, sur la plage, on a le temps de discuter, de se poser, de se découvrir aussi.

 

 

Sur scène, quelle est la différence entre un festival et un de vos propres concerts ?

Même si tu sais que un festival est plus difficile parce que les gens ne viennent pas forcément pour te voir toi, nous, on ne fait pas de différence. On joue exactement de la même façon.

 

D’ailleurs, quand vous composez votre musique, vous pensez à la scène ?

Non, pas du tout. On adapte énormément pour les lives. Certains gimmicks, qui marchent bien sur scène, seraient vraiment emmerdants sur un CD. Quand on dit performance, cela en est une, parce qu’aucun de nos concerts est le même que le précédent.

 

Et c’est quoi un concert réussi ?

Une seule chose est importante pour nous: que les gens sautent en l’air.

 

Vous continuez à aller voir des concerts ?

Surtout pendant les festivals en fait car sinon on a pas le temps. Mais ça nous suffit, on voit vraiment des trucs bien. Rien que la programmation de Calvi…

 

Vous trouvez qu’il y a une bonne génération de musiciens électroniques ?

Grave ! De toute façon, les Français ont toujours été bons dans la musique de danse. On était les meilleurs en disco, avec les albums de Patrick Juvet produits par Jean-Michel Jarre par exemple. Et aujourd’hui, on a une génération de classe mondiale.

 

Comme Woodkid, par exemple, que vous produisez ?

Oui, j’ai l’impression qu’on a misé sur le bon cheval ! Et puis tout est plus facile avec lui, puisque c’est un surdoué. On a juste quelques petites retouches à faire sur ses productions, tellement il a de la facilité à trouver les bonnes vibes rapidement.

 

On va quand même parler du clip de « Time to dance », avec Jake Gyllenhaal. Comment cette rencontre s’est-elle faite ?

En fait, on est encore un peu en pleine hallucination. Mais cela s’est fait très naturellement. On a parlé de l’histoire du clip au réalisateur Daniel Wolfe, qui lui, voulait le faire avec un grand nom du cinéma. On y croyait pas trop, mais il nous a dit que Jake serait peut-être intéressé, ce que l’on avait du mal à croire. Et pourtant, les choses se sont faites hyper rapidement. Jake est venu à Londres, et c’était dans la boite. Aujourd’hui encore, on a l’impression qu’on a mis notre musique sur un court-métrage, on oublie qu’il a été fait spécialement pour nous.

 

Et au final, vous tirez ou vous pointez ?

Je pense surtout qu’on va caillasser notre manager qui se fout de nous derrière votre dos…

 

 

 

 

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