Session officieuse : Manceau vs. Abba, quand le quatuor reprend la pop 70s nordique

On les compare souvent à Phoenix. Le quatuor rennais formé par Julien (chant, guitare acoustique, claviers), Samuel (guitare), François (batterie, chœurs, glockenspiel) et Vincent (basse, claviers, chœurs), tous multi-instrumentistes, pratique une pop mélodieuse qui nous met de bonne humeur. Présents en 2009 sur la compilation “Maje en Scène 2”, ils mettent au jour, l’année d’après, un EP, “On a Mellow Day”, et, aujourd’hui, leur premier album, “Life Traffic Jam”, sorti depuis le 23 mai au Japon et dans quelques jours chez nous. Le clip de leur single “Full-Time Job” conte la vie d’un acteur porno ! Explications et session pour L’Officiel.


 

 

 

Vous veniez tous de groupes différents avant la création de Manceau en 2009, qu’est-ce qui vous a réuni et donné envie de jouer ensemble ?

Julien : Déjà, on est tous de Rennes et on s’est tous rencontrés dans le milieu de la musique. Samuel, François et moi, on jouait dans le même groupe, My Lullaby ; Vincent dans Pléïade, on avait fait des scènes ensemble.

Samuel : Julien a commencé un projet de pop-folk acoustique, on s’est mis à jouer ensemble. Je crois qu’on arrivait un peu à bout de course dans nos anciennes formations aussi et un projet frais nous motivait. On s’est tous retrouvés autour de mélodies qui nous a rassemblés.

 

Qu’est-ce qui vous inspire pour l’écriture de vos chansons ?

Julien : C’est Vincent et moi qui écrivons principalement mais les autres participent aussi… Ce sont des choses personnelles, des choses plus universelles, des textes cinématographiques…

Samuel : Des mini-scenarios où l’on essaie de mettre un peu d’humour, de second degré, un regard décalé, avec des titres qui peuvent parfois rappeler des séries télé ou des films que l’on a pu voir.

Vincent : L’amour, les ruptures, la vie d’un acteur porno…

Julien : Les trucs normaux, quoi !

 

Justement, vos clips sont assez réfléchis, que ce soit “Melody Of Happiness” où l’on a l’impresssion que vous échangez vos vêtements, ou “Full Time Job”, qui est très second degré et raconte en fait la vie d’un acteur porno. Vous l’avez pêchée où cette idée ?

Julien : On a envie de pousser les choses un peu plus loin, de véhiculer autre chose avec notre musique, de travailler des univers pour les clips. C’est Clément Gino, un réalisateur parisien, pour le premier, avec qui on a eu envie de faire un plan séquence avec ce tournage à l’envers. Pour “Full Time Job”, on avait une idée assez précise de ce qu’on voulait, le texte était déjà assez fort, mais on s’est aussi fait surprendre par les idées des scénaristes, et donc celle de Justin Pelberti de VO Films.

Samuel : C’est aussi un hommage à l’univers des séries Z ou X et cinéma bis qui a ses lettres de noblesse. Et une manière humoristique de parler d’un sujet qui peut se rapprocher d’une prise de liberté.

 

Votre album est produit par Xavier Boyer et Pedro Resende de Tahiti 80, comment les avez-vous rencontrés ?

Julien : On leur a envoyé nos maquettes, à l’ancienne !

Samuel : On se sentait proches de leur démarche.

 

Mais ç’aurait pu être Phoenix aussi, non ?

François : Oui, évidemment. Mais Tahiti 80, on savait qu’ils faisaient de la réalisation, on avait écouté les albums qu’ils avaient fait pour Calc, Fubu etc. On avait besoin de quelqu’un qui recentre les idées.

Julien : Qui ait du recul sur les morceaux. On sait très bien qu’on n’est pas Phoenix, déjà parce qu’on n‘a pas leur talent… Non, je rigole (rires) !

Je pense qu’on a une base un peu plus acoustique, folk.

 

Il paraît que vous êtes big in Japan ?

Samuel : Ça remonte à loin. Dès le départ, on a commencé à vendre un peu de disques là-bas. Au moment où notre premier EP est sorti, on a reçu un mail d’un tout petit magasin qui voulait le vendre. Il les a tous écoulés et nous a rappelés pour en avoir. Quant à Tahiti 80, ils l’ont fait écouter JVC, qui est un gros label là-bas, et un import est en vente depuis quelques jours et ça marche bien. On y part la semaine prochaine pour faire de la promo et quatre concerts avec Tahiti 80, The Drums, Mustang…

 

Vous avez même été chroniqués dans le “NME” ; vous n’avez pas encore attrapé la grosse tête ?

Julien : Ça, c’était à l’époque du premier EP, c’est vraiment grâce aux Transmusicales rennaises qu’on a pu avoir ce petit retour.

 

A Rennes, vous avez les Champs Manceaux — nous à Paris, c’est le parc Monceau — Manceau, c’est vraiment pour faire French Touch ?

François : Julien avait un appartement, à l’époque où il a composé tous les morceaux qui donnait sur les Champs Manceau à Rennes, et c’est vrai qu’en plus la connotation un peu littéraire, le côté très français, on trouvait que ça collait bien avec l’ambition du projet qui était anglo-saxon donc décalé.

 

Qui vous a donné envie de faire de la musique plus jeunes ?

Julien : Nirvana, ado.

François : Supergrass, vers 14-15 ans.

Samuel : Radiohead, un peu plus sur le tard.

Vincent : Les Beatles, Prince qui me fascinait pas mal, et toute la vague brit-pop.

 

Vous avez un rituel avant de monter sur scène ?

Samuel : On a une technique de saut qu’on a bossé avec un gars du Studio des Variétés qui est sensée ramener de l’énergie à fond, elle consiste à se recroqueviller le plus possible et à sauter très haut.

 

La mode, ça vous parle ?

Tous : Ouais.

Vincent : On essaie de faire en sorte que la scène soit un lieu un peu spécial.

Julien : Il n’y a pas de dress-code, mais on aime bien faire un effort sur scène, tous se looker…

François : …Entre chic et décontracté.

Samuel : En fait, on est comme les meufs, on se regarde entre groupes pour voir qui est le mieux sapé !

 

 

Manceau, “Life Traffic Jam” (Monophonics). Sortie le 11 juin. Single : “Full-Time Job. En concert le 14 juin au 114 (Paris).

 

 

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