Publié le 04.05.2012
Le nom John Lawrence Sullivan n’est peut-être pas encore sous le feu des projecteurs mais gageons que cela ne saurait tarder. Derrière lui se cache Arashi Yanagawa, un créateur japonais qui pourrait aisément remporter la palme d’or du parcours le plus atypique. Car avant d’imaginer une nouvelle garde-robe masculine, Arashi a fait ses preuves… sur le ring. Champion amateur puis boxeur professionnel, rien ne le destinait au tumulte des catwalks. Rencontre avecce nouveau « challenger » de la planète mode.
Par Edson Pannier
Passer de la boxe à la création de mode… Comment expliquez-vous cette reconversion ?
J’ai commence la boxe quand j’étais gamin. Mon père était lui-même boxeur. J’étais conditionné pour boxer à la fois mentalement et physiquement, donc j’ai toujours eu de bons résultats et c’est devenu une passion. Mais dès l’adolescence j’ai commencé à m’intéresser à la mode. Je voulais être un champion de boxe et travailler dans la mode en même temps. Avec l’argent de mon dernier match, je suis allé à Londres, ville que je voulais visiter depuis longtemps. Quand je suis revenu au Japon, c’était décidé, je travaillerai dans la mode.
Ce sont pourtant des mondes bien distincts…
Pour moi un défilé est un match comme un autre. Il se prépare pendant des mois pour un enjeu de quelques minutes seulement. On se pose des tas de questions, on apprend à prendre du recul, puis arrive le moment tant attendu. Et finalement quelque soit le résultat, lorsque le match se termine, on commence déjà à préparer le prochain. C’est ça qui me plait dans ce que je fais. Et pour boucler la boucle ma marque porte le nom d’un boxeur de légende, d’abord pour ma relation avec la boxe mais aussi parce que j’ai toujours approché la mode avec une mentalité de challenger.
À quoi ressemble l’homme John Lawrence Sullivan ?
Masculin, beau et fort à la fois. Mais le plus important c’est que mes vêtements révèlent le charisme de chacun.
Où puisez-vous vos inspirations ?
Dans la vie de tous les jours. Quand je voyage je m’intéresse tout particuliérement aux paysages urbains, aux marchés et autres éléments culturels que je découvre.
Vous avez d’abord défilé à Tokyo avant de rejoindre la fashion week de Paris en 2011. Pourquoi ce choix ?
Après 8 saisons à Tokyo, j’ai voulu présenter mon travail dans un lieu qui saurait apprécier davantage ma vision de la beauté. Paris accueille les shows de créateurs du monde entier et de nombreux critiques y analysent la mode avec leur propre sensibilité.
Quelles sont les pièces fortes de votre collection d’été ?
Les vestes et les blousons. Et puis surtout le camouflage imprimé sur de la soie. Pour ce cas précis j’aime le contraste entre ce motif fort et masculin qu’est le camouflage et ce tissu si féminin qu’est la soie.

John Lawrence Sullivan, printemps-été 2012
Et que nous réservez-vous pour la saison prochaine ?
Toujours cet atmosphère féminine mixé à des silhouettes bel et bien masculines. Je me suis aussi inspiré des musiciens, de ceux qui sont parvenues à surmonter les barrières liées aux genres.

John Lawrence Sullivan, automne-hiver 2012/2013
Quels sont vos projets pour John Lawrence Sullivan ?
Si tout se passe comme prévu, j’adorerais ouvrir une boutique vers la rue Saint-Honoré un jour. Mais pour que cela puisse se produire je dois d’abord réussir à la fashion week parisienne et développer ma marque vers l’international pour devenir une enseigne reconnue.
