Marilyn, again and again…

Publié le 08.04.2012

Icône platine, icône gay, icône kitsch, Marilyn redevient aussi une icône fashion. Bilan et (retro) perspectives.

 

Avatar sexué de Carmen Miranda, parfois Marilyn mangeait…

 

Il y a des tendances qui démarrent au quart de tour ! Prenez Marilyn : ce sujet devenu un ‘marronnier’ de l’imagerie féminine hypersexuée, cette actrice –qu’on croit connaître jusqu’à la femme- fait à nouveau fantasmer les créatifs. Capable d’exprimer la superficialité ‘poupoupidou’ aussi bien que le drame le plus glauque, à travers une vie fragile faite de scandales d’état autant que de sensibilité a fleur de peau, Marilyn symbolise les revers romantiques de l’amour impossible, mais aussi une libération des mœurs au-delà des conventions toujours admises. Un prototype présentable, hollywodien manucuré, avant coureur de générations de femmes enfants et de blondes décolorées paumées qui allaient bientôt lui succéder… Pour le plus grand bonheur de l’industrie américaine du cinéma et de la presse à scandale, qui broieraient ces ersatz de Marilyn sans état d’âme. C’est sans doute par cette polyvalence rock hétérogène (et très érogène…) qu’il faut chercher le succès de celle qui triomphe encore 50 ans après sa disparition.

 

Megan Hilty en apprentie Marilyn ‘pumpy’ dans la série télé Smash


Au programme du cinquantenaire de sa mort, en plus du film de Simon Curtis « My Week with Marilyn » (avec Michelle Williams et son somptueux partenaire Eddie Redmayne), il ne faut pas rater « Smash », éclatante série télé avec Anjelica Huston, Debra Messing et Katharine McPhee. Ce hit produit par Marc Sheiman et Steven Spielberg –rien de moins- sur NBC depuis février, se glisse dans les coulisses de la production d’une comédie musicale à Broadway, racontant la vie de Marilyn et Joe DiMaggio. Jalousies féroces, intrigues financières, choix artistiques difficiles, histoires de cœur et de cul, rien ne manque à cette série ponctuée de numéros à grand spectacle.

A Paris, on se précipitera au mois de mai à l’exposition Marilyn Monroe « Seule » au sein de la boutique Renoma Concept et au Komplex Store. Dans une mise en scène inédite, on trouvera là une collection de vêtements ‘inspirés’ en édition limitée, des photos de Bernard of Hollywood -à l’occasion de la sortie de son livre en France « De Norma Jean à Marilyn » – et une bibliothèque complète intégralement consacrée à la star.

 

Deux clichés de l’exposition Marilyn Seule a la boutique Renoma

 

Un rayon littéraire fourni où on glissera « Stars en Dior » la prochaine publication de la maison de couture et de parfums (sortie le 23 mai). Un beau livre qui regroupe des clichés exceptionnels d’actrices habillées par Christian Dior et ses successeurs, dont quelques somptueux portraits de Marilyn (une bonne cliente) comme celui-ci.

 

 

Ces temps-ci, la nuit parisienne légère s’adonne aussi sans complexe à la blonde platine, lors de la dernière soirée hebdomadaire de Marc Zafutto et Emmanuel D’Orazio (les promoteurs de la Club Sandwich) : « Exotic Monroe » à l’Hôtel Marcel Dassault. Drags à tous les étages !

 

Bonsoir Mesdames ! A la soirée « Exotic Monroe » de Marc et Manu…

 

Toujours au rayon ludique et dans la lignée de cette soirée, on peut également participer au concours photographique « Et si Marilyn avait été un homme ? », sur le site mode de Caroline Daily (jusqu’au 22 avril). Drags sous toutes les coutures !

 

Au-delà des célébrations de sa mort tragique, le mythe Marilyn est-il vraiment si moderne et si ‘rock’ ? On peut en juger dans la description qu’en fait Truman Capote dans « Les chiens aboient ». Un portrait intime de la star paru en 1959 : « Marilyn ? Juste de la terre d’argile, vraiment ; une divinité pas très nette –dans le sens où un banana split, ou un cherry jubilée, est une chose pas très nette – mais divine.

Des lèvres scabreuses, une chevelure inondante, des pattes de soutien-gorge glissantes, le tortillement rythmique de volumes toujours en mouvement qui luttent pour plus d’espace dans l’infini de son décolleté, tels sont ses emblèmes, ses attributs, si propices à la caricature qu’on était en droit de supposer qu’ils l’auraient rendu aussitôt identifiable dans le monde entier ; or, dans ce qu’on appelle la vie réelle, Marilyn n’est pas facile à identifier… ». Rien n’a changé : les Marilyn d’aujourd’hui ne sont toujours pas si facilement identifiables. Et c’est sans doute cela qui les rend si modernes et attachantes.

Patrick Cabasset

 

- Série TV « Smash » : en VOD sur Orange et MyTF1

- Exposition Marilyn Monroe « Seule » : du 11 mai au 25 juillet, 129 bis rue de la Pompe et 118 rue de Longchamp Paris 16e..

Quelques Livres :

- « De Norma Jean à Marilyn » par Bernard of Hollywood, éditions Hugo et Cie.

- « Stars en Dior » : Textes de Jérôme Hanover, préface de Serge Toubiana, introduction de Florence Muller. Editions Rizzoli New York.

- « Marilyn Monroe : Metamorphosis » de David Wills et Stephen Schmidt. Editions HarperCollins 2011.

- Soirée « Exotic Monroe », 7 Rond Point des Champs Elysées, les vendredi soir.

- Caroline Daily : http://www.carolinedaily.com/icones/674776.html

 

Le son et l’image : Ella Fitzgerald et Marilyn au Tiffany Club d’Hollywood en 1955

 

DONNEZ VOTRE AVIS

ÇA VA VOUS INTÉRESSER