Session officieuse :
Bernhoft, le soulman des fjords

Ce perfectionniste du son vient de Norvège et son single, « Cmon Talk », fait un carton. Jarle Bernhoft est un multi-instrumentiste, chanteur et compositeur ultra-sympathique qui a une obsession pour la soul music et ses classiques… De passage à Paris, il offre à L’Officiel sa session acoustique. Tintin rocks !

 

Par

 

 

 

 

 

 

Plus jeune, tu as été le leader de deux groupes de hard-rock, qu’est-ce qui t’a fait changé de style ou évolué vers une musique plus soul ?

J’ai écouté Sly & The Family Stone pour la première fois il y a quatorze-quinze ans, et ça a été une grosse influence pour moi. C’était au moment où je faisais de la guitare et de la batterie dans un groupe de rock très bruyant. Et ça a changé mon attitude envers la musique. J’ai essayé de chanter de cette manière avec eux mais ça n’a pas fonctionné. Les autres aimaient mais c’était dur de passer à travers le mur du son ! J’avais donc besoin de faire autre chose musicalement…

 

Tu as expliqué que si tu étais artiste solo à cause de la crise financière, ça va mieux maintenant ?

C’était ma propre crise financière qui m’y a mené ! De plus en plus d’artistes expérimentent le fait qu’il est de plus en plus cher de tourner à plusieurs, payer les chambres d’hôtels, etc. J’ai pensé que si je voulais jouer un maximum devant les gens — ma principale ambition — il fallait que je fasse tout moi-même… Mais il est vrai que les choses vont mieux en ce moment, notamment au Danemark, le pays d’où je viens.

 

Ça t’a apparemment pris un peu de temps pour te faire connaître, ça fait quoi de devenir un artiste mainstream ?

Ça m’est égal, toutes ces divisions entre « commercial » et « indépendant », c’est une illusion pour moi. Je me fous un peu de comment les gens me cataloguent. Donc être appelé « mainstream » ne me dérange pas plus que ça. Je suis très reconnaissant de ne pas avoir eu mon succès il y a quinze ans car j’ai aujourd’hui 35 ans et un peu d’expérience pour être capable de pouvoir garder les pieds sur terre. Je suis père, j’ai un enfant, alors quand les choses deviennent un peu folles autour de moi, je rentre à la maison et je change une couche, ça remet vite les choses en place !

 

Pourquoi cette cover de « Shout » de Tears For Fears sur ton album ?

TFF n’est pas une grosse influence mais, à chaque fois que j’ai entendu cette chanson, pour moi, elle était comme un gros hymne rock. Je me suis demandé ce que ça ferait si je la reprenais et, à la base, je l’ai faite comme une démo. Les paroles sont assez conscientes, du coup, je trouve qu’elles allaient parfaitement avec le concept de mon album.

 

Tu dis que ta vie est pleine de problèmes, est-ce que cet album t’a aidé à les régler ?

C’était plus une blague mais c’est vrai que j’ai tendance à parler plus des problèmes dans ma vie que des choses qui vont bien. J’aime ma vie, elle n’est pas plus problématique que ça au final. Mais quand on écrit, on essaie de penser à ce que l’on pourrait arranger… Michael Jackson l’a très bien dit : « Si tu veux améliorer l’état du monde, regarde-toi et fais changer les choses » !

 

Quelle est l’histoire de « Cmon Talk » qui, bien évidemment, parle de communication ?

« Cmon Talk » était seulement une idée, même si la chanson parle de communication dans une relation. J’étais en train de marcher, je me souviens exactement de là où j’étais. La mélodie et les phrases saccadées sont venues comme ça et ça m’a fait la structure de la chanson. C’est assez étrange la manière dont les petites pièces créent quelque chose, ou pas ! Je compose beaucoup mieux quand je marche dans la rue. La plupart des gens de mon âge ont des écouteurs et se créent un espace. Moi, j’aime écouter la ville, être à l’affût des sons. Ça m’inspire. J’étais dans les bois, à tourner autour d’un lac, quand j’ai pensé à « Sing Alone », le premier titre de l’album ! Mes mots viennent de la culture et de la nature.

 

Tes projets ?

Je vais tourner beaucoup jusqu’à cet été. Puis me poser. J’ai quelques idées pour le prochain album mais j’ai besoin de m’asseoir et d’y réfléchir.

 

La mode, ça t’intéresse ?

Bien sûr que je fais attention mais la fonctionnalité est bien plus importante pour moi. Il est clair qu’avec ma coupe de cheveux et mes lunettes, on me reconnaît facilement. En même temps, ces lunettes sont très utiles car elles ne bougent pas sur mon nez en concert comme mes chaussures qui n’interfèrent pas avec mes pédales quand je joue, et c’est ça le principal. Quant à ma coupe de cheveux, elle me permet de me coucher quand je veux, elle ne bouge pas, c’est ça mon fashion statement !

 

 

Bernhoft, « Solidarity Breaks » (Polydor). Single : « Cmon Talk ». En concert le 21 mai à Paris (Trianon).

 

 

 

LA COVER : Quand Berhnoft décide de faire une reprise, il hésite entre « Everybody Is a Star » de Sly & The Family Stone et « Trouble » de Ray Lamontagne, mais opte, au final, pour la chanson du songwriter folk-rock américain, lui aussi multi-instrumentiste et très respecté du milieu musical…

 

 

 

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