Publié le 07.03.2012
Comme on pouvait s’y attendre, cet avant-dernier jour de fashion week parisienne n’a pas déçu. Entre la magie des shows Chanel et Alexander McQueen, la parfaite cabine de chez Hakaan, les magnifiques combinaisons de Valentino ou la bonne surprise de Paco Rabanne, nous avons été gâtés…
Par Louis Bompard, Karen Rouach et Edson Pannier
Chanel comme un aimant à lumière
La trame des défilés Chanel est, saison après saison, sensiblement la même. Mais l’histoire racontée par Karl Lagerfeld, et les sentiments qu’elle provoque, eux, ne cessent d’être différents.
Énumérons. L’histoire a lieu… un matin, au Grand Palais. Le décor… À chaque fois, c’est lui qui suscite la première réaction de ce grandiose numéro de scène griffé d’un double C: À quelle sauce va-t-on être mangé cette saison ? Et bien pour l’hiver prochain, c’est entourés d’immenses cristaux et de leurs poussières que le Kaiser veut nous faire voyager. Les spectateurs ? Nombreux, mis sur leur 31 et demi, célèbres. Fatigués par ce mois marathon de défilés, nous vous évoquerons simplement Maïwenn, Alicia Keys, Anna Mouglalis, Elisa Sednaoui, Sky Ferreira ou encore Mélissa Theuriau. Une fois les deux premiers mannequins aperçus, il est temps du rituel de décryptage la cabine. Une nouvelle fois, pas une des régnantes ne manquent à l’appel, de Stella Tennant à Saskia de Brauw, Karmen Pedaru, Bianca Balti, Lindsey Wixson, Cara Delevingne, Edie Campbell, Lily Donaldson, Miranda Kerr, Anja Rubik, Arizona Muse (les plus difficiles diront qu’il manquait Karlie Kloss)… Bref, ce défilé ne nous fait pas mentir et confirme que la maison Chanel sait comment faire revenir ses invités.
Mais comme disait un célèbre critique gastronomique: « on ne va pas au restaurant pour manger les rideaux ». Alors, cette collection ? Comme souvent, elle s’articulait autour du décor, qui met aujourd’hui la brillance en exergue. En effet, Karl Lagerfeld a travaillé chacune de ses pièces avec un soucis de luminosité et d’éclat. En dehors des classiques empiècements de sequins et des broches camélias, il mêle à ses tricots des fils de lurex, emprisonne un galon aux reflets métalliques entre les revers de col, structure ses pantalons par des tracés géométriques et brillants, brode certains manteaux de grosses perles plates colorées, appose à d’autres des triangles de PVC, trouve le moyen de strasser les découpes de manteaux en fourrure, réinvente la mousseline en la quadrillant d’un rouge pailleté et illumine fausses et vraies plumes. Le vestiaire proposé, quant à lui, est bien sur plus que complet et se dessine autour de lignes sporty (on ne peut qu’adorer les premières vestes légèrement oversize et tombantes sur les épaules), néo-futuriste (comme ce manteau aux épaules d’origami) et même folk (le combo jupe sur pantalon revenant plusieurs fois). Au final, Karl Lagerfled a réussi à faire ce qu’il avait en tête en imaginant cette collection: nous éblouir ! L.B
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