Aujourd’hui, Olivier Jault et Morgan Diguerher nous emmènent dans les coulisses de la maison Repetto. Respectivement designers de souliers et de maroquinerie, les créateurs nous font découvrir en avant-première la collection automne-hiver 2012/13 de la marque. Et si l’on ne présente plus les chaussures signées Repetto, les lignes de sacs, qui ont fait leur entrée dans le paysage de la griffe depuis seulement deux saisons, valent également le détour…
Par Edson Pannier
Parlez-nous de vos parcours respectifs…
Olivier Jault : Je travaille chez Repetto depuis une dizaine d’années. En parallèle je réalise les collections de souliers d’autres maisons comme Jean Paul Gaultier.
Morgan Diguerher : J’ai intégré la maison Repetto il y a bientôt deux ans. Comme Olivier, je travaille aussi avec d’autre maison, dont Paco Rabbane ou encore Zadig & Voltaire.
La danse est dans l’ADN de la maison Repetto. Quel rapport entretenez vous avec cette discipline ?
OJ : Personnellement je suis amateur de danse contemporaine, je suis attiré par le nouveau ballet. La danse, comme la musique, m’inspire. Mais de part le fait que je travaille pour une maison qui est associé à cet univers et c’est ce qui fait notre identité, il y a de toute façon une attirance et un devoir de connaitre l’univers de la danse.
MD : J’ai fait de la danse pendant quelques années. Mais mon histoire avec cette discipline est particulière car en arrivant à Paris j’ai eu un libre accès au Théâtre de la ville et je me suis rendu, en 3 ans, à plus de 80 spectacles. Mon plus beau souvenir est d’avoir été assis à côté de Pina Bausch lors d’une répétition générale. C’était absolument magique…
OJ : La maison a un vocabulaire danse, mais je fais avant tout des chaussures de ville. L’inspiration vient de ce milieu mais nous essayons d’étendre notre offre, de raconter des histoires qui peuvent aller assez loin. La danse est toujours présente d’une façon figurative ou abstraite. L’idée principale de Repetto c’est avant tout de ne pas faire des produits « mode » mais des produits pérennes.
Comment s’effectue le partage des tâches au sein de Repetto ?
OJ : Nous ne travaillons pas de la même façon, mais nous sommes complémentaires. Il me suffit généralement d’un coup de coeur ou d’une envie, même si je travaille véritablement en amont. La preuve, aujourd’hui je pense déjà à l’hiver 2014.
MD : Chacun d’entre nous à des envies. Parfois nous nous rejoignons sur certaines idées. C’est un rapport d’intelligence mais ce sont deux techniques très différentes. Par exemple, nous ne pouvons pas systématiquement utiliser les même cuirs.
Qui est la femme Repetto ?
OJ : Elle est transgénérationnel. Aujourd’hui, la chaussure comme la maroquinerie, attirent vraiment tous les types de femme, les jeunes filles, les femmes mûres qui recherchent le confort de souliers et la praticité de nos sacs. Nous sommes une marque haut de gamme, qui fabrique en France, c’est également un gage de qualité pour de nombreuses clientes.
La collection de sac est relativement récente. Quelles sont les premières réactions autour de la maroquinerie ?
MD : Elles sont plutôt bonnes puisque nous avons implanté la deuxième collection en magasin et que je travaille actuellement sur la quatrième collection. Nous avons ouvert, il y a quelques semaines notre premier corner au Printemps entièrement dédié à la maroquinerie. Les nouvelles boutiques sont, elles aussi, repensées pour accueillir et mettre en lumière les collections de sacs. Donc aujourd’hui Repetto rencontre véritablement sa clientèle en maroquinerie.
OJ : Morgan a su trouver un langage. Créer un vocabulaire. C’était important car le monde de la danse est aussi associé au bagage. Il est parvenu à raconter une histoire pérenne, comme c’est le cas pour les souliers.
MD : C’était relativement facile car les écritures étaient là, comme une évidence. Il fallait tout simplement trouver une formule afin de capter tous ces éléments qui étaient présents et de les traduire avec la technique de la maroquinerie.
































