Réunir Louise Bourgoin et Frédéric Beigbeder lors d’un petit déjeuner, c’est un peu plonger dans une amitié qui a la folie comme socle. Alors, quand l’auteur slash réalisateur partage un petit déjeuner avec sa muse, le charme ne peut qu’opérer sur l’assistance. Rencontre avec deux séducteurs, malgré eux.
Par Louis Bompard. Photographie Laurent Bochet.
Cela fait trente-deux minutes qu’ils sont assis à la table du fond d’un restaurant branché de la place Saint-Germain-des-Prés. Louise Bourgoin a ri onze fois, dont trois aux éclats, Frédéric Beigbeder l’a complimentée sur son physique à six reprises, une fois de plus sur son talent. Il s’est demandé trois fois à haute voix pourquoi les jeunes actrices boivent du jus de carotte, elle a embrassé sa joue barbue à deux reprises. Ah, on oubliait : à neuf reprises, Frédéric nous a remerciés du bien que nous pensions de son film. Huit fois, il était d’une sincérité alors inconnue chez lui, la dernière, il était plus concentré sur l’actrice se faisant retirer ses bigoudis.
Lorsque ces deux-là sont réunis, il se passe donc quelque chose de spécial. Certes, ils sont amis depuis leur rencontre au Grand Journal, mais cela va au-delà du simple copinage. Peut-être parce que Louise est l’actrice principale de son premier film adapté du roman L’amour dure trois ans. Peut-être également parce qu’il l’a élue en 2010, dans un magazine masculin, “femme idéale de l’année”. Peut-être enfin parce qu’ils partagent le fait d’avoir, grâce à leur talent
et à leur décalage, renouvelé des genres : celui d’auteur branché noctambule et celui de Miss Météo devenue actrice, faisant ainsi voler
les étiquettes. Toujours est-il qu’entre eux, et avec le monde qui les entoure, tout n’est qu’affaire de séduction. Cela fait trente-deux minutes, et Frédéric dit…
F. B. (ironique) : “Alors Louise Bourgoin, l’amour dure-t-il trois ans ?”
L. B. : “Avec moi en tout cas, il n’a jamais duré plus de deux !”
F. B. : “J’espère que ce titre est faux, mais je constate et déplore qu’en réalité, il est toujours vrai en ce qui me concerne. ça y est, l’ambiance est plombée.”
Retrouvez la suite de cette interview dans L’Officiel de mars…































