Dans l’atelier d’Anna Rivka

publié le 12 janvier 2012

Anna RivkaLes bijoux de tête des Brigitte ? C’est elle. Le col en perles de Léa Seydoux ? C’est encore elle. À l’arrière de sa boutique de la rue Vieille du Temple, Anna Rivka fait des merveilles depuis maintenant cinq ans. Immersion totale dans l’atelier de celle qui affole les japonaises et comble les parisiennes.

 

Par Karen Rouach

 

 

« Je ne suis pas très tête de mort », avoue Rivka dans un sourire. On veut bien la croire. Alors que toutes les nouvelles créatrices de bijoux pensent que le rock et le grunge sont de rigueur, cette jeune parisienne impose un style rétro à peine les portes de son atelier poussées. Née de parents bijoutiers, les pierres ont toujours fait partie de sa vie. L’histoire raconte que plus petite, il ne fallait pas chercher bien loin quand on perdait un bijou, puisqu’il se trouvait toujours dans un des souliers de Rivka. « J’ai toujours aimé jouer avec les pierres, alors dès l’âge de 12 ans, j’ai commencé à les travailler mais sans penser une seule seconde que j’en ferai mon métier. » Ce n’est que le jour où elle a du faire un choix d’études que Rivka s’est dirigée naturellement vers la joaillerie. Elle appose son deuxième prénom, Anna, devant le premier : Anna Rivka est né. Sa première création ? Une bague « léopard », jaune tachetée, en or et onyx. Et cinq années plus tard, son style n’a pas changé : le métal doré et le noir sont plus que jamais présents dans ses collections, où l’on peine à dénicher des pièces en argent. « C’est vrai que j’aime beaucoup ces deux matériaux, mais ce que je préfère c’est l’enfilage de perles » admet-elle avec aplomb, en illustrant ses mots avec son propre bijou de tête en saphir.

 

 

 

Bijoux Anna Rivka

 

 

Côté inspirations, mis à part ce lustre plein de perles qui appartenait à sa grand mère et qui éclaire aujourd’hui son atelier (« mon déclic ! »), c’est le paradoxe parfait. Si la renaissance italienne a beaucoup d’influence sur son travail, elle y ajoute une touche « rétro futuriste » dont elle seule connaît le secret. Un mélange détonnant donc, entre peintures du XVè siècle et le style années 30 remis au goût du jour. « Tout part des tableaux de Léonard de Vinci et Boticelli, et puis ça finit dans les boites à bijoux des parisiennes » s’amuse-t-elle, en précisant que les japonaises restent quand même ses premières clientes. Suivent alors les actrices françaises, à l’image de Vanessa Paradis, Hélène de Fougerolles, Marie Gillain ou encore Léa Seydoux (devenue une amie), qui guettent souvent les nouveautés d’Anna Rivka. « Léa m’a demandé un col en perles inspiré par Catherine Deneuve dans le film Belle de Jour, pour l’ouverture du dernier Festival de Cannes » raconte-t-elle avec facilité. Mais sa meilleure vitrine reste son amie d’enfance Aurélie, une des chanteuses des Brigitte. « Elle est très inspirante pour moi, elle n’a aucune limite côté bijoux, et me laisse une grande liberté. »

 

Quand on lui demande la personne idéale pour incarner son univers, elle prononce sans aucune hésitation Daphné Hézard (rédactrice en chef magazine à L’Officiel), visage de sa nouvelle collection. « Elle a ce caractère dans le regard que j’admire beaucoup » glisse-t-elle. Mais que tout le monde se rassure, ses créations s’adressent à toutes les femmes, à commencer par sa petite fille de quatre ans (« elle adooore les diadèmes ! »). Rivka a encore aujourd’hui plein d’idées, et si elle avoue que sa première envie serait de peaufiner la joaillerie, elle ne s’arrête pas là. « Depuis quelques mois, j’expérimente la frontière entre le vêtement et le bijou » confie-t-elle en jetant un œil au mannequin habillé d’une moitié de ceinture en côte de maille. On reviendra faire un tour dans quelques mois…

 

 

 


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