Session officieuse: Charlie Winston,
La hobo-pop du punk gentleman

Il porte un genre de cravate à travers un pull troué, et c’est ça le nouveau style hobo 2012 ! Entre rock, folk, blues et pop, Charlie Winston sort un deuxième album, “Still Running”, et son single “Hello Alone” fait un carton… Aucune surprise à ce qu’il ait été appelé pour figurer sur la compilation des 50 ans d’Amnesty International avec une reprise de Bob Dylan ! Avant de repartir en tournée et de trouver du temps pour écrire son film, l’auteur, compositeur et chanteur anglais s’arrête à Paris pour une session acoustique à la mezzanine du Café Rouge. Tambourin, are you ready ?


 

Par


 


 

Ton premier album, “Hobo”, était un succès, c’était un challenge de revenir avec quelque chose d’aussi fort ?

Non, ce n’était pas difficile de m’y remettre, j’avais déjà commencé pendant le Hobo Tour, mais  la difficulté était surtout d’être toujours connecté avec moi-même, de réaliser où je me trouvais dans ma vie et de comprendre ce que je devais faire. Après cette longue tournée, j’avais besoin de me poser dans un endroit calme et de laisser les choses venir…

 

Ton album parle de suicide, de la recherche du bonheur, un disque introspectif ?

Non ! Mais il explore différentes émotions. “Where Can I Buy Happiness ?” parle de la folie des biens matériels dans la société, et de la manière dont on pense qu’on va trouver la joie à travers le succès et l’argent. Alors que tout dépend des circonstances et de qui tu as autour de toi. Les gens les plus heureux sont ceux qui ont le moins d’argent, car ils doivent dépendre les uns des autres, ce qui les rend plus forts. Les relations sont plus fortes. Quand tu as plus d’argent, tu as plus de protection autour de toi, de la sécurité, des caméras pour éviter qu’on vienne t’emmerder, mais ça ne te rend pas plus heureux.

 

Et tu vis ainsi ?

Est-ce que je vis comme ça ? Non ! Carrément l’opposé (rires).

 

Tu habitais à Paris auparavant, maintenant Londres, qu’est-ce qui t’a fait quitter notre capitale ?

Je n’habite plus nulle part. J’ai quitté Paris mais je reviens souvent. Je suis en effet parti en Angleterre, en tournée aux Etats-Unis. J’ai eu un appart’ pour un mois à Paris, et je repars à Londres puis à Los Angeles deux semaines, je repasse par Paris dix jours, et je file en tournée au Canada, donc je n’ai vraiment pas de maison.

 

Tu reprends “This Wheel’s On Fire” de Bob Dylan sur la compilation pour les 50 ans d’Amnesty Interntional, comment t’es-tu retrouvé sur ce projet ?

Le label américain, qui sort cette compile, était intéressé par moi et m’a demandé si je voulais y participer. C’est le 50e anniversaire et Amnesty a toujours milité pour la paix et Bob Dylan aussi… J’ai accepté, même si je voulais choisir une chanson de Bob Dylan moins connue. Celle-ci a été écrite par lui et son groupe, The Band. Donc je me suis dit que ce serait intéressant d’en faire quelque chose de différent. Je ne l’avais jamais jouée auparavant.

 

Tu as fait quelques collaborations assez éclectiques entre Emilie Simon, Wax Taylor ou Nouvelle Vague, c’est quoi la prochaine ?

Je ne sais pas… Mais j’aimerais bien faire un truc un peu speed avec Camille ou Ed Sheeran… Je vais enregister prochainement un disque avec Medi (ex-Medi And The Medicine Show), mon batteur, car il va faire mes premières parties.

 

C’est quoi ton truc avec les chaussettes roses dans le clip de “Hello Alone” ?

J’aime les chaussettes colorées et fun. C’est trop facile les chaussettes noires. C’est mon ancien régisseur qui m’a initié aux chaussettes roses !

 

C’est une partie du look hobo ?

Hobo is dead ! Enfin, celui que vous connaissiez.

 

Il est comment le nouveau hobo alors ?

Je vous laisse décider. Mon job est de ne pas faire ce que les gens attendent.

 

Comment décrirais-tu ton style ?

Punk gentleman, on va dire !

 

Compilation 50 Ans d’Amnesty International, “Chimes Of Freedom-The Songs Of Bob Dylan” (Fontana International/Universal). Sortie le 6 février

Charlie Winston, “Still Running” (Atmosphériques). Single : « Hello Alone ».

 

 

LA COVER: Quand Charlie Winston reprend « This Wheel’s On Fire », l’un des morceaux-culte du roi des hobos Bob Dylan, ce n’est pas tout à fait inattendu mais ça fait son effet. Entre deux essais et quelques notes du « Video Games » de Lana Del Rey…

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