The smile

Retour de Rangoon où le sourire du plus joli Nobel de la Paix s’affiche désormais librement un peu partout, dans les bureaux,  les boutiques, au-dessus des étals de rue… Inimaginable la dernière fois que j’y étais, il n’y a pas deux ans. La Birmanie a entamé un processus de démocratisation. Aung San Suu Kyi est autorisée à se présenter aux prochaines élections partielles. L’espoir d’un vrai changement. Ajoutons qu’observateurs et opposants se montrent prudents sur l’intérêt de la manoeuvre : un article paru dans le Monde avant hier publiait des interviews d’anciens prisonniers politiques, ils connaissent leur junte…

 

La Birmanie est l’un des pays les plus bouddhistes au monde. Il faut aller le matin à Shwedagon, la grande pagode de Rangoon, pour observer la vie quotidienne prendre corps autour de la ferveur, et essayer de comprendre les choses : qu’ont en commun ces jeunes filles qui marchent groupées en circonvolution, qu’ont en commun les abris d’eau élevés à chaque carrefour et le grand fleuve Irrawaddy, qu’ont en commun les forêts de teks du pays Shan et les monastères-écoles, qu’ont en commun les guerriers aux cheveux longs peints sur les pierres de Bagan et la ville de Mandalay, qu’ont en commun les artisans de laque et les vendeurs de feuilles d’or aux portes des temples, qu’ont en commun les portraits souriants de « The Lady » et la presse de propagande au lendemain de la visite d’Hillary Clinton. Voyager en Birmanie permet de mettre des mots sur cinquante années de silence. Et ce sourire est une invitation. Bienvenue en 2012, année du dragon.

 

AO

 

à côté de son père

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