Vidéo : Session Officieuse
Marlon Roudette, pop & reggae vibes

Ex-Mattafix, Marlon Roudette est aussi le beau-fils de Neneh Cherry ! Alors que le duo qu’il formait avec Preetesh Hirji cartonnait en 2005 avec “Big City Life”, après un deuxième album et son hymne politique “Living Darfur”, le groupe se sépare. Marlon Roudette, désormais solo, sort son premier album, “Matter Fixed”. Entrevue et session acoustique à l’hôtel de Sers à Paris…

 

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La dernière fois que l’on s’est vu, c’était pour Mattafix. C’est désormais terminé votre duo ?

Pour le moment, oui, nous n’allons pas faire d’album, mais ce n’est pas une rupture définitive. Preetesh travaille sur la bande originale d’un film et fait pas mal de musiques électroniques, et je réalise mon truc solo. Ce qui n’est pas complètement différent, pour moi, car Richard, mon claviers qui était là sur la session, était déjà dans Mattafix, j’ai le même management, la même équipe qu’avec Mattafix…

 

 

Le split de Mattafix, c’est à cause de directions musicales opposées ?

C’était difficile. On n’était pas forcément d’accord, en effet, sur la direction musicale à prendre. À la base, on a vraiment deux façons distinctes de vivre et de voir les choses, même si c’est ce qui a fait que Mattafix marche au début… Bien sûr qu’il y a toujours des bagarres dans un groupe mais nous sommes très potes, nous avons bu une bière il n’y a pas si longtemps, et, l’autre fois, je reprenais “Big City Life” sur un show et Preetesh est venu mixer pour moi. On a eu des différents mais nous avons aussi eu de vraiment bons moments.

 

 

Trois ans, c’est long pour faire un album !

Ça semble long de l’extérieur, mais en fait, trois ans, ce n’est pas si long pour faire un album. Les bonnes chansons prennent du temps, et ce sont souvent des circonstances de la vie qui t’aident à écrire.

 

 

Qu’as-tu envie de montrer en tant qu’artiste solo ?

J’ai vraiment une histoire à raconter. C’est vraiment comme un journal intime pour moi. J’avais un meilleur ami avec qui je faisais de la musique, j’avais une super maison de disques, j’étais fiancé à une jeune femme sublime et, en six mois, tout était fini. Si ça, ce n’est pas une source de création pour un album fort ! Il y a des gens qui souffrent plus à cause des ruptures mais là, je crois que j’ai bien compris ce que c’est et le sens que ça peut donner à ma musique. Franchement, il ne m’est arrivé que des tuiles. Là, j’ai donné une version courte. Mais j’ai été cambriolé aussi, plus des problèmes de famille. C’était une période très bizarre… Les doigts peuvent faire le travail et jouer de la guitare, la voix peut chanter mais le cœur doit faire le boulot aussi. J’ai écrit “New Age” le premier jour où j’ai tourné la page et réalisé que la vie continuait.

 

 

Et tu as appelé ton album “Matter Fixed”, en hommage au groupe qui t’a fait connaître !

Exactement, je rends hommage à ce groupe qui m’a tout donné. Je n’étais pas prêt à laisser tout derrière moi non plus !

 

 

En 2007, tu t’es investi très activement avec Mattafix dans la cause du Darfour. Te sens-tu toujours concerné ?

Oui, c’est un conflit que me tient vraiment à cœur. Ça me semblait bien de ne pas juste écrire une chanson politique mais d’aller plus loin et d’y prendre part. J’essaie de me tenir informé sur ce qu’il se passe. En tout cas, nous allons donner nos droits de la chanson “Living Darfour” à des associations pour le pays.

 

 

Sinon, la mode, ça te parle ?

Oui, j’adore Vivienne Westwood, j’ai un team anglais qui m’aide pas mal sur mon stylisme, j’aime aussi la nouvelle collection Paul Smith pour le printemps. Au début de ma carrière, j’étais tellement anti-fashion, à base de “Non je suis trop hardcore, trop street !” et maintenant, je me revois et je me demande comment j’ai pu porter certaines de mes tenues ! C’est bien quand tes fringues représentent ce que tu es, plus que d’être juste dans le bling.

 

 

Comment décrirais-tu ton style ?

Assez londonien, avec un peu de caribéen… J’ai regardé pas mal de photos de mon grand-père quand il est arrivé de Trinidad et Tobago au début des années 1950. Et sur scène, j’aime porter des chemises noires ajustées avec des costumes vintage, des chaussures de friperie, et j’ai d’ailleurs trouvé un magasin top à Portobello qui fait du early 60s.

 

 

Ton fashion faux pas ?

Ce ne doit pas être compliqué à trouver dans les photos. Peut-être un ou deux T-shirts un peu trop moulants que j’ai dû porter en concerts alors que je n’ai pas vraiment le physique pour. Mais je ne prends pas vraiment de risques au niveau de la mode, je suis assez boring !

 

Marlon Roudette, “Matter Fixed” (Polydor/Universal). Single : “New Age”.

 

 

LA COVER : Quand Marlon Roudette craque pour Jacques Brel


 

 

 

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