Dix bonnes raisons de fêter les 100 ans du Harry’s

Pour ceux qui auraient une légende de retard, c’est ce jeudi que le Harry’s Bar fêtera son siècle au compteur. Lancé un soir de Thanksgiving par un fantasque yankee, ex-jockey flairant le mauvais vent de la prohibition outre-Atlantique, repris dès 1923 par Harry MacElhone, écossais pur malt, aussi habile en affaire qu’au shaker, le « Sank Roo Doe Noo » (comprenez le 5, rue Daunou) n’en finit plus depuis d’inviter le monde, l’histoire, la suite, le reste et plus encore à son comptoir. Dix bonnes raisons de lui fêter un « Harry’s Birthday » !

 

1. Au wall of fame des cocktails, le Harry’s affiche la création du Bloody Mary (attention, selon la recette originelle, jamais de céleri), du Pick Me Up, du White Lady, du Blue Lagoon et du Side Car.

 

2. Originaire de Manhattan, le comptoir a été désossé avant d’embarquer dans un cargo pour Paris. Fidèle au poste depuis 1921 !

 

3. Parmi les habitués d’hier et d’aujourd’hui, prière d’aviser Hemingway,  Fitzgerald, Jack Dempsey, Marcel Cerdan, Sartre, Blondin, Nimier, Duras, Gene Kelly, Gloria Swanson, Boris Vian, Juliette Gréco, Edouard Baer, Tarantino…

 

4. Aux mélodies du sous-sol, sur un clavier désaccordé, George Gershwin a composé les premières notes d’« Un Américain à Paris. »

 

5. A chaque élection présidentielle américaine, la communauté US de Paris participe à un officieux scrutin, le « straw vote. »  En 25 saisons de Maison Blanche, seuls deux résultats de ce vote de paille ont fait mentir l’histoire. Prochain rendez-vous : octobre 2012 !

 

 

6. Comme toutes les versions originales, le Harry’s a souvent été copié. Se méfier donc des imitations même si, au fil de son histoire, le bar a essaimé quelques annexes en Allemagne (Hanovre, Francfort, Cologne, Berlin) et en Suisse (Montreux). En revanche, ne surtout pas le confondre avec son homonyme vénitien, repaire culte de la lagune fondé en 1931 par Giuseppe Cipriani et tout aussi prodigue à alimenter la superbe puisque le carpaccio y a été créé ansi que le cocktail Bellini.

 

7. C’est au Harry’s qu’a été lancée, en 1924, l’expression « barfly » (traduisez littéralement par mouche de bar). Il existe même un club en référence nécessitant une double cooptation et un solide estomac.

 

8. Derrière le bar, les billets scotchés par des clients du monde entier couvrent un miroir brisé durant l’occupation. Les euros sont toujours les bienvenus !

 

9. On y sert les meilleurs hot-dog de Paris. Les petits pains de mie sont d’ailleurs réalisés chaque jour par un boulanger de quartier selon une recette exclusive.

 

10. Pour les 100 ans, les barmen du Harry’s ont mis au point cinq nouveaux breuvages dont le MCC. En exclu, voici la composition : 1 cl de jus de citron pressé, 1 cl de sirop de concombre, 7 cl de Makers Mark, shaker et service dans un verre à Martini.

 

 

Où ? 5, rue Daunou, Paris IIè. Tél. : 01.45.72.90.90. Tous les jours de midi à 02 h du matin (03h les vendredi et samedi).

A feuilleter : « The Original Harry’s Bar » album orchestré par Isabelle MacElhone (Editions La Martinière). 25 €.

 

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