Tabitha Simmons, New York à ses pieds

Avec son humour mutin, Tabitha Simmons a réveillé le monde de la chaussure. Ex-styliste reconvertie dans les souliers, elle a mis New York, Paris et Londres à ses pieds. De retour de Venise, la belle Anglaise au naturel enjoué nous accueille à New York, chez elle, à Chelsea.

 

Par Léa Trichter

 

Tabitha a grandi dans la campagne anglaise, dans le comté du Cambridgeshire. A 14 ans, elle fait un premier petit boulot dans une boutique de chaussures et c’est la révélation ! Mais ce sont des études de cinéma qui la conduisent, à 19 ans, à l’université de Kingston (Londres). Le samedi, elle travaille à la boutique Joseph : “C’est en habillant les femmes que j’ai découvert ma passion pour la mode.” La belle Anglaise devient rapidement mannequin. Sa carrière est lancée. Elle travaille ensuite comme assistante au magazine Dazed and Confused puis comme styliste free lance. Elle collabore avec de grands photographes : Craig McDean – aujourd’hui son mari –, mais aussi Glen Luchford et Steven Klein. Séries de mode, campagnes de pub ou défilés pour des maisons de couture prestigieuses (Givenchy, Fendi homme, Dolce & Gabbana, Calvin Klein, Alexander McQueen et Zac Posen), Tabitha touche à toutes les facettes du métier de styliste. L’année 2009 marque le retour à ses premières amours. Elle crée sa marque de chaussures éponyme.

 

 

 

Les chaussures

 

Depuis toujours fascinée par cet accessoire capable de transformer une tenue et de réinterpréter un look, Tabitha a délaissé les vêtements pour se consacrer à sa véritable passion. “Je les collectionne. J’en ai plus de 400 paires.” Si son bureau est à Chelsea, à deux pas de chez elle, l’entreprise est en réalité entre Londres, Milan, Florence et Venise. “Seule une petite partie de mon équipe réside à New York. Je me rends au moins quatre fois par an en Italie, dans la région de Venise où se trouvent nos usines.” Soucieuse de l’allure de ses souliers, Tabitha apporte un soin particulier à leur qualité. Et c’est pour dénicher les meilleurs cuirs et les peaux exotiques qui ont fait sa marque de fabrique, qu’elle se rend chaque année au salon de Bologne. “Lancer ma propre entreprise m’a permis de respecter davantage le travail des designers que j’ai assistés toutes ces années. Les problèmes de production et de livraison sont de vrais challenges.

Son meilleur souvenir ?

A l’usine, en découvrant ma première collection. J’adore ce moment où il faut décider d’ajuster, d’enlever ou d’ajouter un détail. C’est l’étape la plus intéressante.” Ses collections sont à son image, très éclectiques et anticonformistes. Adepte du grand écart, elle passe, sans fausse note, de la musique, en particulier le chanteur anglais punk rock, Adam Ant, avec ses vestes d’officier. Les vestes d’ailleurs, elle en porte tous les jours avec une marinière, un jean et de hauts talons. Le soir, elle opte pour une robe Balenciaga ou Alexander McQueen. Acheteuse occasionnelle – “deux jours de suite, puis plus rien pendant des mois” –, elle craque pour des pièces vintage de valeur, comme son Nudie Suit, un costume réalisé par le tailleur d’Elvis Presley. Impressionnante aussi, sa collection de robes du soir McQueen. Tabitha, qui a travaillé aux côtés du designer disparu, possède des modèles d’archives uniques.

 

 


New York

 

Si elle vit à New York depuis de nombreuses années, Tabitha se sent avant tout européenne. Elle a choisi de s’installer à Chelsea car c’est un quartier “résidentiel et humain” qui lui rappelle Londres. Le matin ? Réveil à 6 heures. “C’est en pyjama que je prends la voiture pour déposer Dylan (7 ans) et Eliott (5 ans) à l’école. Puis je rentre me changer.

Quand je ne vais pas directement au bureau, je fais du tennis. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour ne pas penser à l’effort. Je suis tellement concentrée sur la balle. C’est aussi un antistress formidable.

Le meilleur moment de sa journée ? Lorsque ses enfants se racontent, au coucher, leurs journées. Le soir, elle reste chez elle ou sort dîner avec son mari ou entre amis. Ses complices ? Exclusivement des gens de la mode : l’ex-top et chanteuse Karen Elson, le fondateur du magazine Dazed and Confused, Jefferson Hack, Georgina Chapman, la créatrice de Marchesa, ou encore l’ex-mannequin Sophie Dahl. Maman stricte et un brin old school, Tabitha est attachée aux bonnes manières. Et fidèle à la tradition, elle prépare chaque dimanche un repas familial. Au menu ? Roast-beef à l’anglaise.

 

 

 

 

 

 

Sa maison

 

Conviviale, sa townhouse compte trois étages. Au sous-sol, la cuisine et le jardin. Au rez-de-chaussée, le salon. Le premier étage est celui des parents, tandis que le second est réservé aux enfants. Le dernier étage est un petit salon qui donne sur une terrasse. “Nous avons emménagé il y a un an, mais il a fallu tout ce temps pour que la maison commence à ressembler à quelque chose.” La décoration ? C’est l’œuvre de Tabitha avec l’aide d’une amie. “C’était pour moi une vraie partie de plaisir. J’adore chiner. Mais Craig, mon mari, et moi avons des goûts bien différents. D’où quelques querelles…

 

 

 

 

Si les lignes sont pures et minimales, Tabitha adore mélanger les styles et les périodes. Objets anciens et œuvres d’art contemporaines cohabitent pour donner sens à un intérieur chic et personnel. Aux murs ? Des skate-boards réalisés par les artistes Damien Hirst et Takashi Murakami. Mais aussi des croquis d’une stagiaire d’Alexander McQueen, qu’il n’avait pas retenus et que Tabitha a récupérés et accrochés chez elle. Ses pièces favorites ? Un chandelier victorien, une œuvre en encre et graphite d’Ernesto Caivano, des compositions de l’Américain Dustin Yellin et une vanité en porcelaine de la Japonaise Katsuyo Aoki.

 

 

 

 

 

 

 


Tabitha en bref


– Un film culte ? Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro.
– Un acteur ? Johnny Depp.
– Un réalisateur ? Tim Burton.
– Un écrivain ? Paul Auster.
– Un livre ? Vertigo.
– Un peintre ? Francis Bacon.
– Une époque ? Victorienne.
– Un mouvement ? L’Art nouveau.
– Une boisson ? La vodka tonic.
– Une préférence culinaire ? La cuisine indienne.

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