Java à Paris

 

L’Espace Louis Vuitton débute cette semaine une exposition sur l’art contemporain d’Indonésie, avec une dizaine d’artistes venus de l’île de Java, la plupart de Djodjakarta, la capitale culturelle. Connaissant plusieurs d’entre eux, j’étais invitée mercredi dernier au traditionnel dîner assis, organisé avant chaque événement, dans la « cuisine » de l’Espace. Emouvant de les retrouver tous ici, à Paris, ainsi récompensés et célébrés.

Courez voir cette expo (jusqu’en octobre). Et retenez aussi ces trois noms, vous allez en entendre parler :

 

 

Heri Dono

Le chef de file de cette génération, plasticien confirmé, a étudié le théâtre d’ombres (théâtre traditionnel de marionettes). Il s’en sert pour dépeindre avec humour, la société indonésienne mais pas seulement, il aborde aussi les grands thèmes de notre civilisation, la politique et les excès de la société de consommation. Sa dernière performance, nous racontait–il l’autre soir, était un discours mené devant un troupeau de moutons, de vrais moutons, qui lui répondaient par un concert de bêlements appropriés.

 

 

Ariadhitya Pramuhendra

26 ans, il vit à Bandung, à l’ouest de l’île, expose dans le monde entier et s’interroge sur le thème de l’identité. Il créé à partir de représentations de lui-même et de sa famille, faisant poser ses trois sœurs, sa mère et sa grand-mère nues, dans la position de la crucifixion. Catholique, dans un pays à majorité musulmane. Hasard complet, il s’est retrouvé, beau garçon, à faire le modèle pour une pub de paires de lunettes siglées LV, la responsable Indonésie de la marque, présente l’autre soir, l’a gentiment démasqué.

Eko Nugroho

On l’avait rencontré dans son studio à Java : une maison plantée au milieu des rizières, à l’écart de Djodjakarta. Il réalise des autoportraits, les plus étonnants sont des mannequins habillés de broderies, visages disparaissant sous des casques de moto, sculptures soulevant les questions liées à l’apparence, au regard d’autrui dans un environnement social. Il est pour cinq mois en France et prépare pour la rentrée un « solo show » au Musée d’Art Moderne de Paris.

 

« Trans-figuration, mythologies indonésiennes » jusqu’au 23 octobre, Espace culturel Louis Vuitton, 60, rue de Bassano, Paris 8e. www.louisvuitton.com

 

 

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